Crédit immobilier juin 2022 : les taux augmentent et les refus aussi en attendant la réforme de l’usure

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Les taux de crédit immobilier continuent d'augmenter, ce qui pénalise le pouvoir d'achat immobilier, et les dossiers refusés ne cessent de croître. Le problème vient de l'usure, peu adaptée à la réalité des taux d'intérêt. Bercy s'est dit favorable à une réforme des taux légaux maximum. Vivement le changement des barèmes au 1er juillet 2022 pour faciliter l'accès à l'emprunt.

Taux de crédit immobilier jusqu'à 3% en 2022

Fin 2021, il était courant de s'endetter au taux de 1% sur la durée classique de 20 ans (hors assurance prêt immobilier et coût des sûretés). Les meilleurs dossiers pouvaient décrocher un excellent 0,70% sur cette maturité. Désormais, le taux moyen s'affiche autour de 1,60%, plus souvent 2%, un taux qui n'était plus pratiqué depuis 2017.

Rien d'alarmant selon le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui estime que la hausse actuelle des taux immobiliers permet de revenir à des niveaux plus normaux, soit 2% à 3%, comme cela était observé avant la baisse des valeurs enclenchée fin 2015. Cela n'avait "pas empêché l'immobilier de bien se financer". Les taux en vigueur jusqu'à fin 2021 étaient “exceptionnels”, justifiés par une inflation trop faible. Les nouveaux témoigneraient d’un retour à la normale.

La hausse des taux d'emprunt est consécutive à l'évolution de la situation monétaire. L'inflation a bondi en six mois, passant de 1,6% en 2021 à 5,2% sur un an à fin mai 2022, et le rendement de l'emprunt obligataire français sur 10 ans (OAT 10 ans) est désormais au-delà de 2%. Confrontée à cette dérive inflationniste, la Banque Centrale Européenne a annoncé une première hausse de ses taux directeurs dès juillet, avant une deuxième en septembre et certainement d'autres par la suite, l'objectif étant de contenir la forte progression des prix qui pénalise le pouvoir d'achat. La hausse des taux d’intérêt va donc se poursuivre dans les semaines à venir.

Pouvoir d’achat immobilier en souffrance

L'augmentation des taux est plutôt une bonne nouvelle pour les épargnants. Les placements défiscalisés comme le Livret A, le LDDS ou le LEP voient leur rendement doubler, et les fonds en euros des contrats d'assurance vie retrouvent une légère attractivité. On reste pourtant bien en-deçà de l'inflation.

Pour les emprunteurs, la situation est toute autre. La remontée brutale des taux d'intérêt depuis le début de l'année sabre leur pouvoir d'achat immobilier en réduisant leur capacité d'emprunt. En décembre dernier, un crédit de 200 000€ sur 20 ans au taux de 1% (hors assurance emprunteur et coût des sûretés) donnait une mensualité de 920€, soit un coût de 20 749€. Avec un taux moyen actuel de 1,60%, la mensualité grimpe à 974€, soit un coût sur la durée de 33 836€. À 2%, vous devez rembourser 1 012€ par mois, pour un coût total des intérêts de 42 824€. En l'espace de quelques mois, ce crédit s'est renchéri de plus de 22 000€.  

Prenons le calcul autrement :

  • Vous gagnez 4 000€ par mois, et n'avez aucune dette en cours. 
  • Vous souhaitez acheter un bien ancien avec un apport personnel de 25 000€. 
  • Selon votre capacité d'endettement, la banque vous propose un crédit de 234 303€ sur 20 ans au taux débiteur fixe de 1,60%, soit un TAEG de 2,18% en incluant tous les frais relatifs à l'emprunt dont 0,54% d'assurance bancaire.
  • La mensualité s'élève à 1 200€, pour un coût total du crédit de 68 257€. 
  • Avec un taux débiteur à 2%, vous empruntez 226 038€ pour la même mensualité : vous avez perdu 7 767€ de pouvoir d'achat immobilier. 

Réforme très attendue de l'usure

Au-delà d'une contraction de leur capacité d'emprunt, les ménages emprunteurs se heurtent au refus des banques. Aujourd'hui un dossier sur cinq serait recalé en vertu de la règle pénalisante de l'usure qui rend le crédit immobilier de moins en moins accessible. Avec des taux d'intérêt en hausse et des taux d'usure stagnants, les courbes se croisent, créant le redouté effet ciseaux. Même les plus aisés sont touchés, pour lesquels la capacité d'endettement n'est plus en jeu, mais avec un taux brut en passe de frôler les 2% pour un taux légal bloqué à 2,40% au deuxième trimestre pour les prêts de 20 ans et plus, impossible de décrocher le financement une fois tous les autres frais intégrés dans le TAEG.

C'est même la double peine pour les emprunteurs, car ils doivent dorénavant faire face à l'augmentation des tarifs d'assurance de prêt immobilier. Avec l'entrée en vigueur de la loi Lemoine 2022 le 1er juin dernier, la suppression du questionnaire médical pour les crédits de moins de 200 000€ remboursés avant les 60 ans de l'emprunteur engendre un renchérissement des primes dû à une tarification en l'absence d'information sur les risques santé.

Mécanisme de protection des emprunteurs contre des taux bancaires abusifs, l'usure se trouve aujourd'hui en décalage total avec la réalité des taux d'emprunt. La faute à un mode de calcul qui n'est pas actualisé. Chaque trimestre, la Banque de France fixe les taux d'usure sur la base des TAEG moyens octroyés les trois mois précédents, en les augmentant d'un tiers. Le contexte actuel démontre que cette méthodologie est inadaptée et facteur d'exclusion, ce qui est problématique pour l'accès à la propriété, de surcroît en plein débat sur le pouvoir d'achat.

Il semblerait que le ministère de l'Économie et des Finances ait entendu les craintes des banques et des courtiers. Après d'intenses consultations avec les professionnels du crédit, Bercy met en place une nouvelle méthode de calcul des taux d'usure à compter du 1er juillet prochain. Le compte à rebours est lancé pour savoir quelle sera l'évolution engagée. Si la méthode actuelle est appliquée, les taux d'usure doivent mécaniquement augmenter, mais il faut impérativement une réforme durable pour mieux coller à la réalité des taux et éviter l'éviction du crédit immobilier pour bon nombre de ménages, à commencer par les plus modestes.

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Assurance de prêt immobilier : forte baisse des tarifs depuis 2020

Les primes d’assurance de prêt immobilier connaissent une tendance à la baisse ces dernières années. Contrairement aux autres types d’assurances qui ont vu leurs prix augmenter, et même fortement, l’assurance emprunteur devient financièrement plus accessible. Cette diminution des coûts s’explique notamment par la concurrence accrue entre les banques et les assureurs externes, également par l’évolution de la réglementation en faveur des consommateurs. Qui sont les principaux bénéficiaires de cette baisse ? Comment en tirer le meilleur parti ? Décryptage. Tarifs assurance emprunteur : une baisse moyenne de 27 % sur 5 ans Une étude menée par le comparateur en ligne Magnolia.fr révèle que les prix des assurances emprunteur ont chuté de 27 % en moyenne entre 2020 et 2025. Cette évolution va à contre-courant de la hausse généralisée des autres assurances  (variation sur 10 ans) : +16 % pour les assurances auto +35 % pour l’assurance habitation +50 % pour les mutuelles santé. La principale raison de cette baisse est l’ouverture du marché grâce à des réformes législatives successives qui ont favorisé la libre concurrence. Dernière en date, la loi Lemoine a simplifié la résiliation et la substitution des contrats d’assurance de prêt immobilier, permettant aux consommateurs de trouver des offres mieux adaptées à leur profil et à des tarifs plus avantageux que le contrat initial. Depuis 2022, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier en cours de prêt à tout moment, sans attendre la date d’échéance autrefois requise par les dispositifs précédents (loi Hamon, amendement Bourquin). Cette opportunité peut être saisie dès le lendemain de la signature de l’offre de crédit pour optimiser les économies potentielles. Les emprunteurs de plus de 45 ans : grands gagnants de la baisse des tarifs L’étude de Magnolia.fr met en lumière que les emprunteurs âgés de 45 ans et plus ont bénéficié de la plus forte réduction tarifaire, avec une baisse moyenne de 35 %. Cette tendance s’explique par l’apparition d’offres plus spécifiques chez les assureurs alternatifs, qui permettent aux profils plus âgés d’obtenir des conditions plus favorables. Les personnes présentant un risque aggravé de santé profitent également de ces nouvelles opportunités. Grâce à l’assouplissement des critères et à la suppression du questionnaire médical sous certaines conditions (prêt inférieur ou égal à 200 000€ et remboursé avant le 60e anniversaire de l’emprunteur), elles ont désormais accès à des contrats plus compétitifs sans surprime pour raisons de santé. Les jeunes emprunteurs, âgés de 25 à 40 ans, ne sont pas en reste avec une diminution moyenne des tarifs de 20 %. Déjà avantagés par des primes plus basses grâce à leur profil jugé moins risqué, ils voient l’écart avec les assurances de groupe des banques se creuser davantage en leur faveur. Bancassureurs et alternatifs : une concurrence qui tire les prix vers le bas L’essor des assureurs alternatifs a profondément modifié le marché de l’assurance emprunteur. Alors que les banques continuent de proposer des assurances de groupe aux tarifs souvent élevés pour cause de mutualisation, les prestataires spécialisés offrent des contrats sur-mesure, plus compétitifs et mieux adaptés aux besoins individuels. L’application de la loi Lemoine a joué un rôle clé dans cette transformation. La flexibilité accrue permise par la substitution à tout moment a encouragé davantage de consommateurs à comparer les offres et à opter pour des solutions plus avantageuses. À garanties équivalentes, principe obligatoire pour que la banque accepte une offre externe, la délégation de contrat permet de diviser par 2 à 4 le coût d’une assurance emprunteur. Pour un prêt immobilier de 250 000€ sur 20 ans, le gain moyen est estimé entre 5 000€ et 15 000€. Comparer les offres pour optimiser son assurance emprunteur Vous pouvez faire des économies sur votre assurance de prêt immobilier quand vous le souhaitez, en amont comme en aval. Au moment de la souscription du crédit Grâce à la loi Lagarde, les emprunteurs peuvent choisir une assurance externe dès la signature du prêt, à condition que les garanties soient équivalentes à celles proposées par la banque. La délégation d’assurance permet souvent d’obtenir une assurance jusqu’à 60% moins chère. En cours de prêt Il est possible de changer d’assurance emprunteur à tout moment grâce à la loi Lemoine. Vous n’avez aucun préavis à respecter, uniquement le principe d’équivalence de niveau de garanties. Plus tôt vous choisissez une assurance plus avantageuse, plus vous réalisez d’économies sur l’ensemble de la durée du prêt. Un écart de prime de quelques dizaines d’euros par mois peut représenter des milliers d’euros d’économies sur plusieurs années. Négocier son assurance de prêt : premier levier d’économies Beaucoup d’emprunteurs se concentrent uniquement sur le taux d’intérêt de leur prêt, négligeant l’impact du coût de l’assurance. Pourtant, optimiser son assurance emprunteur peut générer des économies encore plus importantes qu’une légère baisse du taux de crédit. Sachez que l’assurance pèse en moyenne un tiers du coût global d’un prêt immobilier, soit la deuxième dépense après les intérêts d’emprunt. Prenons un exemple concret : Critère  Scénario initial  Scénario avec taux d’intérêts réduit Scénario avec taux assurance réduit Scénario combinant taux d’intérêts et taux d’assurance réduits Montant de l’emprunt 250 000 € 250 000 € 250 000 € 250 000 € Durée 20 ans 20 ans 20 ans 20 ans Taux nominal 3,50 % 3,40 % 3,50 % 3,40 % Coût total intérêts 97 976 € 94 901 € 97 976 € 94 901 € Taux assurance 0,34 % 0,34 % 0,16 % 0,16 % Cotisation annuelle assurance 852 € 852 € 396 € 396 € Coût total assurance 17 000 € 17 000 € 7 920 € 7 920 € Économie sur les intérêts - 3 075 € - 3 075 € Économie sur l’assurance - - 9 080 € 9 080 € Économie totale - 3 075 € 9 080 € 12 155 € Ce cas illustre l’importance de comparer et renégocier son assurance de prêt autant, sinon plus, que son taux d’intérêts. Miser uniquement sur la négociation du taux de crédit peut être une erreur si le coût de l’assurance est négligé. Un marché de l’assurance de prêt en pleine mutation au bénéfice des emprunteurs L’évolution du marché de l’assurance emprunteur en 2025 marque une véritable rupture avec les pratiques passées. L’ouverture à la concurrence, soutenue par les évolutions législatives, a permis de tirer les prix vers le bas et d’offrir des conditions plus avantageuses à un plus large panel d’emprunteurs. Comparer les offres via des outils en ligne spécialisés est aujourd’hui un réflexe essentiel pour toute personne souscrivant un crédit immobilier. Avec des écarts de prix significatifs entre les assurances de groupe et les contrats alternatifs, la vigilance et l’anticipation peuvent permettre de réaliser plusieurs milliers d’euros d’économies sur la durée totale d’un prêt. Un avantage non négligeable dans un contexte économique où la maîtrise des coûts est une priorité pour de nombreux ménages.

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Crédit immobilier avril 2025 : déjà la fin de la baisse des taux ?

Depuis le début de l'année 2024, les taux immobiliers ont connu une baisse progressive et constante, partant de 4,50% pour atteindre environ 3,20 % en mars 2025. Pourtant, un retournement de tendance pourrait être imminent, selon plusieurs experts du secteur. En cause, l'évolution des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 10 ans, qui restent autour de 3,5 %, et un contexte économique et géopolitique incertain. L'OAT 10 ans : Un indicateur clé pour les banques L'OAT 10 ans, un emprunt d'État servant de référence pour les taux de crédit immobilier, est un indicateur particulièrement scruté par les établissements bancaires. La corrélation entre l'évolution des OAT et les taux immobiliers est forte. Actuellement, cet indice oscille autour de 3,5 %, ce qui pourrait encourager certaines banques à ajuster leurs taux. En ce début avril, le taux moyen pour un prêt immobilier sur 20 ans se situe autour de 3,20% (hors assurance emprunteur et coût des sûretés). La différence entre l’OAT 10 ans et les taux d’emprunt est à l’avantage de ces derniers, ce qui est un contresens économique (voir plus bas). Si cette tendance haussière de l’OAT 10 ans se confirme, plusieurs établissements pourraient opter pour une hausse modérée, de l'ordre de 10 à 20 points de base. Toutefois, d'autres banques pourraient préférer une stabilisation, notamment en raison d'objectifs commerciaux élevés et de la nécessité d'attirer de nouveaux emprunteurs. Des taux en hausse en avril, mais pas de panique Malgré les premiers signaux de remontée des taux, certains courtiers se veulent rassurants. Comme indiqué plus haut, l’évolution reste contenue à 0,10 voire 0,20 point. Plusieurs facteurs influencent la fixation des taux de crédit, parmi lesquels : Le coût des ressources financières des banques Les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) Les stratégies commerciales des établissements prêteurs. Certaines banques proposent des offres attractives, qui viennent compléter le prêt initial. Par exemple, le Crédit Agricole propose jusqu'en juin un taux réduit à 1,99 % jusqu’à 25 000 € pour le financement d'un premier logement. Le Crédit Mutuel, quant à lui, met en avant un prêt de 30 000 euros à un taux fixe de 0,99 %. LCL accorde à ceux qui achètent dans le neuf un prêt jusqu’à 50 000 € sans intérêts bancaires, cumulable avec le nouveau PTZ, une aubaine pour les primo-accédants à compter d’avril 2025. Rappelons que votre crédit à l'habitat doit être garanti par une assurance de prêt qui rembourse la banque en cas d’aléas de la vie (décès, invalidité, incapacité de travail). L’assurance emprunteur est le premier levier pour diminuer le coût d’un prêt immobilier. Appuyez-vous sur la réglementation pour optimiser cette dépense contrainte. Grâce à la délégation d’assurance emprunteur, vous pouvez économiser des centaines voire des milliers d’euros sur la durée de votre crédit, les offres externes étant jusqu'à 4 fois moins chères que les assurances proposées au sein des banques prêteuses. Quels sont les facteurs à surveiller pour les prochains mois ? Si la stabilisation des taux se profile pour avril, plusieurs éléments pourraient influencer leur évolution à la hausse ou à la baisse à moyen terme. Parmi eux : Le contexte géopolitique : un apaisement du conflit en Ukraine pourrait favoriser une baisse des taux, tandis qu'une intensification des tensions entraînerait une hausse. Les politiques budgétaires européennes : le niveau d'endettement des États, notamment de la France et de l'Allemagne, peut rehausser les taux obligataires et, par ricochet, les taux immobiliers. Les décisions de la BCE : bien que la dernière baisse des taux directeurs du 12 mars soit perçue comme un signal positif, les banques restent prudentes avant d'ajuster massivement leurs offres. Une période d'attentisme avant un possible rebond Pour l'instant, les hausses ne sont ni généralisées ni significatives, et les emprunteurs présentant les meilleurs profils peuvent encore bénéficier de taux attractifs, parfois même sous la barre des 3 %. Cependant, les conditions d'accès au crédit risquent de se durcir dans les mois à venir. Contrairement à certaines idées reçues, les banques ne disposent pas d'un accès illimité aux liquidités de la BCE. Elles doivent se financer sur les marchés financiers, où elles entrent en concurrence avec les emprunts d'État pour attirer les investisseurs. Cette contrainte structurelle explique pourquoi une remontée durable des OAT pourrait inévitablement se répercuter sur les taux immobiliers. Conclusion Les semaines à venir seront déterminantes pour l'évolution des taux de crédit immobilier. Si une stabilisation est attendue à court terme, une reprise progressive des hausses n'est pas à exclure d'ici la fin du premier semestre 2025. Pour les emprunteurs, il peut être judicieux de profiter des conditions actuelles avant une éventuelle remontée plus marquée des taux. Emprunter maintenant !