Crédit immobilier : toutes les infos pour emprunter en novembre 2023

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Les mois passent et le crédit immobilier coûte de plus en plus cher. Les taux d’emprunt augmentent de nouveau en novembre, mais on sent un ralentissement dans cette progression, en lien avec le contexte monétaire qui tend à se stabiliser. Si vous comptez financer un projet immobilier en novembre, voici les conditions d’emprunt auxquelles s’attendre.

Taux d’emprunt supérieurs à 4%

Les difficultés d’accès au crédit immobilier perdurent avec cette inexorable progression des taux d’intérêts. Même si la Banque Centrale Européenne a tout dernièrement décidé d’opérer une pause dans le relèvement de ses taux directeurs, les banques reconstituent leurs marges et affichent des taux supérieurs à 4% sur 20 ans, et autour de 4,5% sur 25 ans. Les profils premium peuvent toujours obtenir une décote avec un taux très légèrement sous les 4% sur 20 ans et à 4% sur 25 ans.

Les courtiers observent que les banques sont plus volontaristes et rouvrent le robinet du crédit. Toutefois, les constantes demeurent :

  • apport personnel conséquent : au moins 20% du montant de l’opération

  • épargne de précaution : au moins équivalente à 6 mensualités pour faire face à un coup dur et au renchérissement du coût de la vie (inflation)

  • bien immobilier de qualité : le diagnostic immobilier compte pour obtenir son prêt dans un contexte de durcissement des normes environnementales. Rappelons que les pires logements de classe G sur l'échelle du DPE (Diagnostic de Performande Énergétique) sont sortis du marché locatif depuis janvier 2023.

On constate cependant que certaines banques sont prêtes à faire un effort sur le taux, voire à accorder une ligne de crédit à taux zéro, dans le cadre d’un logement ancien avec un DPE médiocre, sous réserve d’un engagement de travaux.

Face à la hausse des taux en 2023, passer par un courtier en crédit immobilier est sans contexte une démarche sage et judicieuse : seul un expert saura vous guider et vous conseiller au mieux de vos intérêts, et mettre en concurrence les établissements qui recherchent votre profil afin de décrocher la meilleure offre de prêt.

Rappel des règles d’octroi du crédit immobilier

Rien ne bouge du côté des règles du HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière), aussi figées que la banquise en plein hiver. Les limites restent les mêmes :

  • Le taux d’endettement est plafonné à 35% des revenus nets, avant impôt et assurance de prêt immobilier incluse.

  • La durée de remboursement ne doit pas excéder 25 ans, voire 27 ans pour un achat dans le neuf ou dans l’ancien avec travaux de rénovation d’envergure.

Les courtiers estiment que ces normes, édictées il y a deux ans en période de taux au plancher, freinent l’accès au crédit depuis de longs mois. Juridiquement imposées aux banques depuis janvier 2022, elles sont appliquées à l’aveugle et peuvent exclure des ménages pourtant solvables. La Banque de France a refusé de les assouplir au motif qu’elles protègent les emprunteurs d’un endettement excessif. Il serait pourtant pertinent de laisser les banques juger elles-mêmes du taux d’endettement et du reste à vivre, deux notions complémentaires en matière de crédit immobilier.

Taux d’usure proche des 6%

Les taux d’usure du crédit immobilier sont en hausse en novembre 2023, encore une fois. Les banques ont le droit de distribuer des crédits à l’habitat jusqu’à 5,91% pour les durées de 20 ans et plus, soit 11 points de plus que le mois précédent et un cumul de 234 points additionnels depuis début 2023, ce qui témoigne de la remontée rapide et conséquente des taux d’intérêts.

Pour rappel, le taux d’usure exprime le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) que les banques ne doivent pas dépasser lors de l’octroi d’un prêt immobilier. Ce taux agrège tous les frais liés à l’obtention du financement bancaire, à savoir les intérêts, les frais de dossier, la garantie, les primes d’assurance emprunteur et tous autres frais annexes.

La progression brutale des taux d’intérêts a incité, un peu tardivement, la Banque de France à opérer une révision mensuelle et non plus trimestrielle des taux d’usure à compter de février 2023. L’objectif est d’éviter un report de demandes de prêt sur la période suivante compte tenu de l’effet ciseau. Avec la mensualisation du taux d’usure, les banques de détail peuvent ajuster leurs barèmes de taux en conséquence des conditions de refinancement de la Banque Centrale Européenne.

Voici les taux maximums légaux applicables au mois de novembre 2023 :

  • Prêts à taux fixe d’une durée inférieure à 10 ans : 4,31%

  • Prêts à taux fixe d’une durée comprise entre 10 et moins de 20 ans : 5,65%

  • Prêts à taux fixe d’une durée de 20 ans et plus : 5,91%

  • Prêts à taux variables : 5,39%

  • Prêts relais : 5,96%

Les courtiers estiment qu’il faut au minimum 60 points d’écart entre le taux nominal et le taux d’usure pour intégrer tous les frais qui conditionnent l’octroi du prêt. On mesure ici le caractère inadapté du taux d'usure, qui demeure le même qu'on emprunte sur 20 ou 25 ans. Il faut jouer sur l’assurance emprunteur pour optimiser cette marge et rester sous l’usure.

Assurance emprunteur : à négocier pour réduire le coût de votre crédit immobilier

L’assurance emprunteur est une dépense incontournable dans le cadre d’un prêt immobilier, mais heureusement, vous avez le droit de choisir librement le contrat en faisant valoir le principe de délégation d’assurance : vous pouvez refuser la proposition d’assurance de la banque et lui préférer un contrat alternatif moins cher à garanties équivalentes.

L’assurance emprunteur est le premier levier d’économies d’un crédit immobilier : elle représente le deuxième coût après les intérêts, et en faisant jouer la concurrence via un comparateur d’assurance de prêt immobilier, vous avez l’opportunité d’alléger ce poids. Les offres externes individualisées sont jusqu’à 60% moins chères que les contrats groupe bancaires.

Et si, contre toute attente, vous avez souscrit à l’assurance de la banque, vous pouvez modifier le scénario dès que vous le souhaitez. La loi Lemoine adoptée en 2022 vous permet en effet de changer d’assurance de prêt immobilier dès le lendemain de la signature de l’offre de prêt, sans attendre la date d’échéance et sans engagement minimum de souscription.

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Assurance de prêt immobilier : forte baisse des tarifs depuis 2020

Les primes d’assurance de prêt immobilier connaissent une tendance à la baisse ces dernières années. Contrairement aux autres types d’assurances qui ont vu leurs prix augmenter, et même fortement, l’assurance emprunteur devient financièrement plus accessible. Cette diminution des coûts s’explique notamment par la concurrence accrue entre les banques et les assureurs externes, également par l’évolution de la réglementation en faveur des consommateurs. Qui sont les principaux bénéficiaires de cette baisse ? Comment en tirer le meilleur parti ? Décryptage. Tarifs assurance emprunteur : une baisse moyenne de 27 % sur 5 ans Une étude menée par le comparateur en ligne Magnolia.fr révèle que les prix des assurances emprunteur ont chuté de 27 % en moyenne entre 2020 et 2025. Cette évolution va à contre-courant de la hausse généralisée des autres assurances  (variation sur 10 ans) : +16 % pour les assurances auto +35 % pour l’assurance habitation +50 % pour les mutuelles santé. La principale raison de cette baisse est l’ouverture du marché grâce à des réformes législatives successives qui ont favorisé la libre concurrence. Dernière en date, la loi Lemoine a simplifié la résiliation et la substitution des contrats d’assurance de prêt immobilier, permettant aux consommateurs de trouver des offres mieux adaptées à leur profil et à des tarifs plus avantageux que le contrat initial. Depuis 2022, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier en cours de prêt à tout moment, sans attendre la date d’échéance autrefois requise par les dispositifs précédents (loi Hamon, amendement Bourquin). Cette opportunité peut être saisie dès le lendemain de la signature de l’offre de crédit pour optimiser les économies potentielles. Les emprunteurs de plus de 45 ans : grands gagnants de la baisse des tarifs L’étude de Magnolia.fr met en lumière que les emprunteurs âgés de 45 ans et plus ont bénéficié de la plus forte réduction tarifaire, avec une baisse moyenne de 35 %. Cette tendance s’explique par l’apparition d’offres plus spécifiques chez les assureurs alternatifs, qui permettent aux profils plus âgés d’obtenir des conditions plus favorables. Les personnes présentant un risque aggravé de santé profitent également de ces nouvelles opportunités. Grâce à l’assouplissement des critères et à la suppression du questionnaire médical sous certaines conditions (prêt inférieur ou égal à 200 000€ et remboursé avant le 60e anniversaire de l’emprunteur), elles ont désormais accès à des contrats plus compétitifs sans surprime pour raisons de santé. Les jeunes emprunteurs, âgés de 25 à 40 ans, ne sont pas en reste avec une diminution moyenne des tarifs de 20 %. Déjà avantagés par des primes plus basses grâce à leur profil jugé moins risqué, ils voient l’écart avec les assurances de groupe des banques se creuser davantage en leur faveur. Bancassureurs et alternatifs : une concurrence qui tire les prix vers le bas L’essor des assureurs alternatifs a profondément modifié le marché de l’assurance emprunteur. Alors que les banques continuent de proposer des assurances de groupe aux tarifs souvent élevés pour cause de mutualisation, les prestataires spécialisés offrent des contrats sur-mesure, plus compétitifs et mieux adaptés aux besoins individuels. L’application de la loi Lemoine a joué un rôle clé dans cette transformation. La flexibilité accrue permise par la substitution à tout moment a encouragé davantage de consommateurs à comparer les offres et à opter pour des solutions plus avantageuses. À garanties équivalentes, principe obligatoire pour que la banque accepte une offre externe, la délégation de contrat permet de diviser par 2 à 4 le coût d’une assurance emprunteur. Pour un prêt immobilier de 250 000€ sur 20 ans, le gain moyen est estimé entre 5 000€ et 15 000€. Comparer les offres pour optimiser son assurance emprunteur Vous pouvez faire des économies sur votre assurance de prêt immobilier quand vous le souhaitez, en amont comme en aval. Au moment de la souscription du crédit Grâce à la loi Lagarde, les emprunteurs peuvent choisir une assurance externe dès la signature du prêt, à condition que les garanties soient équivalentes à celles proposées par la banque. La délégation d’assurance permet souvent d’obtenir une assurance jusqu’à 60% moins chère. En cours de prêt Il est possible de changer d’assurance emprunteur à tout moment grâce à la loi Lemoine. Vous n’avez aucun préavis à respecter, uniquement le principe d’équivalence de niveau de garanties. Plus tôt vous choisissez une assurance plus avantageuse, plus vous réalisez d’économies sur l’ensemble de la durée du prêt. Un écart de prime de quelques dizaines d’euros par mois peut représenter des milliers d’euros d’économies sur plusieurs années. Négocier son assurance de prêt : premier levier d’économies Beaucoup d’emprunteurs se concentrent uniquement sur le taux d’intérêt de leur prêt, négligeant l’impact du coût de l’assurance. Pourtant, optimiser son assurance emprunteur peut générer des économies encore plus importantes qu’une légère baisse du taux de crédit. Sachez que l’assurance pèse en moyenne un tiers du coût global d’un prêt immobilier, soit la deuxième dépense après les intérêts d’emprunt. Prenons un exemple concret : Critère  Scénario initial  Scénario avec taux d’intérêts réduit Scénario avec taux assurance réduit Scénario combinant taux d’intérêts et taux d’assurance réduits Montant de l’emprunt 250 000 € 250 000 € 250 000 € 250 000 € Durée 20 ans 20 ans 20 ans 20 ans Taux nominal 3,50 % 3,40 % 3,50 % 3,40 % Coût total intérêts 97 976 € 94 901 € 97 976 € 94 901 € Taux assurance 0,34 % 0,34 % 0,16 % 0,16 % Cotisation annuelle assurance 852 € 852 € 396 € 396 € Coût total assurance 17 000 € 17 000 € 7 920 € 7 920 € Économie sur les intérêts - 3 075 € - 3 075 € Économie sur l’assurance - - 9 080 € 9 080 € Économie totale - 3 075 € 9 080 € 12 155 € Ce cas illustre l’importance de comparer et renégocier son assurance de prêt autant, sinon plus, que son taux d’intérêts. Miser uniquement sur la négociation du taux de crédit peut être une erreur si le coût de l’assurance est négligé. Un marché de l’assurance de prêt en pleine mutation au bénéfice des emprunteurs L’évolution du marché de l’assurance emprunteur en 2025 marque une véritable rupture avec les pratiques passées. L’ouverture à la concurrence, soutenue par les évolutions législatives, a permis de tirer les prix vers le bas et d’offrir des conditions plus avantageuses à un plus large panel d’emprunteurs. Comparer les offres via des outils en ligne spécialisés est aujourd’hui un réflexe essentiel pour toute personne souscrivant un crédit immobilier. Avec des écarts de prix significatifs entre les assurances de groupe et les contrats alternatifs, la vigilance et l’anticipation peuvent permettre de réaliser plusieurs milliers d’euros d’économies sur la durée totale d’un prêt. Un avantage non négligeable dans un contexte économique où la maîtrise des coûts est une priorité pour de nombreux ménages.

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Crédit immobilier avril 2025 : déjà la fin de la baisse des taux ?

Depuis le début de l'année 2024, les taux immobiliers ont connu une baisse progressive et constante, partant de 4,50% pour atteindre environ 3,20 % en mars 2025. Pourtant, un retournement de tendance pourrait être imminent, selon plusieurs experts du secteur. En cause, l'évolution des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 10 ans, qui restent autour de 3,5 %, et un contexte économique et géopolitique incertain. L'OAT 10 ans : Un indicateur clé pour les banques L'OAT 10 ans, un emprunt d'État servant de référence pour les taux de crédit immobilier, est un indicateur particulièrement scruté par les établissements bancaires. La corrélation entre l'évolution des OAT et les taux immobiliers est forte. Actuellement, cet indice oscille autour de 3,5 %, ce qui pourrait encourager certaines banques à ajuster leurs taux. En ce début avril, le taux moyen pour un prêt immobilier sur 20 ans se situe autour de 3,20% (hors assurance emprunteur et coût des sûretés). La différence entre l’OAT 10 ans et les taux d’emprunt est à l’avantage de ces derniers, ce qui est un contresens économique (voir plus bas). Si cette tendance haussière de l’OAT 10 ans se confirme, plusieurs établissements pourraient opter pour une hausse modérée, de l'ordre de 10 à 20 points de base. Toutefois, d'autres banques pourraient préférer une stabilisation, notamment en raison d'objectifs commerciaux élevés et de la nécessité d'attirer de nouveaux emprunteurs. Des taux en hausse en avril, mais pas de panique Malgré les premiers signaux de remontée des taux, certains courtiers se veulent rassurants. Comme indiqué plus haut, l’évolution reste contenue à 0,10 voire 0,20 point. Plusieurs facteurs influencent la fixation des taux de crédit, parmi lesquels : Le coût des ressources financières des banques Les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) Les stratégies commerciales des établissements prêteurs. Certaines banques proposent des offres attractives, qui viennent compléter le prêt initial. Par exemple, le Crédit Agricole propose jusqu'en juin un taux réduit à 1,99 % jusqu’à 25 000 € pour le financement d'un premier logement. Le Crédit Mutuel, quant à lui, met en avant un prêt de 30 000 euros à un taux fixe de 0,99 %. LCL accorde à ceux qui achètent dans le neuf un prêt jusqu’à 50 000 € sans intérêts bancaires, cumulable avec le nouveau PTZ, une aubaine pour les primo-accédants à compter d’avril 2025. Rappelons que votre crédit à l'habitat doit être garanti par une assurance de prêt qui rembourse la banque en cas d’aléas de la vie (décès, invalidité, incapacité de travail). L’assurance emprunteur est le premier levier pour diminuer le coût d’un prêt immobilier. Appuyez-vous sur la réglementation pour optimiser cette dépense contrainte. Grâce à la délégation d’assurance emprunteur, vous pouvez économiser des centaines voire des milliers d’euros sur la durée de votre crédit, les offres externes étant jusqu'à 4 fois moins chères que les assurances proposées au sein des banques prêteuses. Quels sont les facteurs à surveiller pour les prochains mois ? Si la stabilisation des taux se profile pour avril, plusieurs éléments pourraient influencer leur évolution à la hausse ou à la baisse à moyen terme. Parmi eux : Le contexte géopolitique : un apaisement du conflit en Ukraine pourrait favoriser une baisse des taux, tandis qu'une intensification des tensions entraînerait une hausse. Les politiques budgétaires européennes : le niveau d'endettement des États, notamment de la France et de l'Allemagne, peut rehausser les taux obligataires et, par ricochet, les taux immobiliers. Les décisions de la BCE : bien que la dernière baisse des taux directeurs du 12 mars soit perçue comme un signal positif, les banques restent prudentes avant d'ajuster massivement leurs offres. Une période d'attentisme avant un possible rebond Pour l'instant, les hausses ne sont ni généralisées ni significatives, et les emprunteurs présentant les meilleurs profils peuvent encore bénéficier de taux attractifs, parfois même sous la barre des 3 %. Cependant, les conditions d'accès au crédit risquent de se durcir dans les mois à venir. Contrairement à certaines idées reçues, les banques ne disposent pas d'un accès illimité aux liquidités de la BCE. Elles doivent se financer sur les marchés financiers, où elles entrent en concurrence avec les emprunts d'État pour attirer les investisseurs. Cette contrainte structurelle explique pourquoi une remontée durable des OAT pourrait inévitablement se répercuter sur les taux immobiliers. Conclusion Les semaines à venir seront déterminantes pour l'évolution des taux de crédit immobilier. Si une stabilisation est attendue à court terme, une reprise progressive des hausses n'est pas à exclure d'ici la fin du premier semestre 2025. Pour les emprunteurs, il peut être judicieux de profiter des conditions actuelles avant une éventuelle remontée plus marquée des taux. Emprunter maintenant !