Loi Lemoine : meilleur accès à l'assurance de prêt mais tarifs en hausse

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L'entrée en vigueur de la loi Lemoine le 1er juin 2022 bouscule le marché de l'assurance de prêt immobilier. Les emprunteurs peuvent changer de formule à tout moment et les personnes fragiles peuvent accéder plus facilement à l'assurance et au crédit. Revers de la médaille, les tarifs augmentent.

Changer d'assurance emprunteur à tout moment

Bien que non obligatoire d'un point de vue légal, la souscription à l'assurance emprunteur est un préalable à l'obtention d'un crédit immobilier. Destinée à protéger l'emprunteur contre des aléas de la vie qui l'empêcheraient d'honorer sa dette vis-à-vis de la banque (décès, invalidité et arrêt de travail), l'assurance prêt immobilier peut être choisie librement depuis la loi Lagarde de 2010. Les emprunteurs ont ainsi l'opportunité de souscrire une offre alternative moins chère que la proposition bancaire à garanties équivalentes.

Pour ne pas compromettre, à raison, leur projet de financement immobilier, les emprunteurs souscrivent dans l'immense majorité le contrat d'assurance bancaire. Résultat, les bancassureurs détiennent 87% des parts de marché, une situation quasi-monopolistique qui leur a valu d'être remis à leur place par le régulateur européen début octobre et qui, devant l'inefficacité de la loi Lagarde, a fait réagir le législateur français.

Après la loi Hamon de 2014 qui permettait de changer d'assurance durant la première année du prêt, et la loi Bourquin de 2018 qui autorisait la résiliation à date d'échéance, est entrée en application en juin 2022 la loi Lemoine, une révolution pour le marché qui devrait faciliter le libre choix du contrat en insufflant davantage de concurrence.

La loi Lemoine 2022 fait table rase des dispositifs antérieurs en permettant à tout emprunteur, depuis le 1er septembre, de résilier son assurance à tout moment et sans frais, et ce, dès le lendemain de la signature de l'offre de prêt. Plus la peine d'attendre une quelconque date butoir pour engager une démarche de changement, souvent vouée à l'échec par la mauvaise volonté de la banque. Cette dernière doit désormais respecter plusieurs obligations :

  • informer son client de son droit au changement d'assurance chaque année et sur tout support durable  ;
  • donner une réponse à une demande de substitution dans les 10 jours ouvrés ;
  • motiver de manière exhaustive tous les motifs de refus en un seul et unique courrier.

Changer d’assurance de prêt immobilier devient presque un jeu d’enfant. L'engouement pour ce nouveau droit est bien réel. Les emprunteurs ont compris l'enjeu financier de ce dispositif. Ils ne sont plus captifs d'un contrat bancaire trop onéreux (jusqu'à 70% de marge) et souvent mal adapté. Les économies peuvent se chiffrer en plusieurs milliers d'euros sur la durée restante du crédit. Le courtier Magnolia.fr constate une explosion des demandes de changement d'assurance emprunteur, jusqu'à un triplement des appels lors de la première semaine de septembre.

Faciliter l'accès à l'assurance aux personnes à risques

L'opportunité offerte aux emprunteurs de baisser le coût global de leur prêt immobilier en changeant d'assurance est accompagnée de deux autres dispositifs :

  1. la fin de la sélection médicale pour les crédits de moins de 200 000€ remboursés avant les 60 ans de l'assuré : le questionnaire de santé est supprimé, mais les données relatives à certains comportements et habitudes sont toujours recherchés (tabagisme, pratique sportive à risques, etc.) ;
  2. le renforcement du droit à l'oubli, désormais accessible au bout de 5 ans au lieu de 10 pour les anciens malades du cancer et de l'hépatite C : les personnes concernées n'ont pas à déclarer leur ancienne pathologie dans le questionnaire assurance prêt immobilier.

Pour les personnes stigmatisées par la maladie, finie la double peine. Grâce à la loi Lemoine, elles peuvent accéder plus facilement à l'assurance et au crédit immobilier. Les assureurs n'ont plus le droit de rechercher aucune information relative à la santé pour ceux qui entrent dans le segment des prêts de moins de 200 000€ (400 000€ pour un couple avec une quotité assurée de 50% sur chaque tête).

Ces profils à risque peuvent désormais changer d'assurance sans être pénalisés par leur historique de santé. Signalons en outre que la loi Lemoine est accessible aux prêts professionnels dans le cadre d’un prêt destiné à financer un bien à usage mixte.

Hausse générale des tarifs en assurance emprunteur

Tous ces dispositifs inscrits dans la loi Lemoine ont malheureusement un effet boomerang, le renchérissement des tarifs. Du fait de la mutualisation accrue induite par la fin de la tarification au risque pour une grande communauté d'emprunteurs, les assureurs, bancassureurs comme alternatifs, se voient obligés d'ajuster leurs prix.

La plupart des prestataires a décidé d'augmenter les primes en assurance prêt immobilier, une hausse qui peut aller jusqu'à près de 50% pour les tarifs appliqués aux candidats qui échappent au questionnaire de santé. Chez Magnolia.fr, la hausse tarifaire est contenue sous les 20%. Sont pénalisés en premier lieu les jeunes actifs en bonne santé, qui paient pour leurs aînés, plus exposés aux risques de santé d'un point de vue statistique. En utilisant un comparateur d'assurance prêt immobilier, tout emprunteur peut être couvert avec une offre compétitive, tout en respectant l'obligation d'équivalence de garanties.

L'élargissement de la réglementation en assurance emprunteur, qu'il s'agisse du raccourcissement du droit à l'oubli ou de la fin de la sélection médicale sous certaines conditions, a donc de vives répercussions sur le coût d'assurance prêt immobilier. Le texte prévoit d'ailleurs d'évaluer dans les deux ans l'impact de la réglementation sur le processus de mutualisation des risques et sur la segmentation des tarifs en fonction des profils de risque, ce qui permettra d'effectuer un premier bilan de la mise en œuvre de la loi Lemoine en termes d'égalité de traitement entre les emprunteurs.

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Assurance de prêt immobilier : forte baisse des tarifs depuis 2020

Les primes d’assurance de prêt immobilier connaissent une tendance à la baisse ces dernières années. Contrairement aux autres types d’assurances qui ont vu leurs prix augmenter, et même fortement, l’assurance emprunteur devient financièrement plus accessible. Cette diminution des coûts s’explique notamment par la concurrence accrue entre les banques et les assureurs externes, également par l’évolution de la réglementation en faveur des consommateurs. Qui sont les principaux bénéficiaires de cette baisse ? Comment en tirer le meilleur parti ? Décryptage. Tarifs assurance emprunteur : une baisse moyenne de 27 % sur 5 ans Une étude menée par le comparateur en ligne Magnolia.fr révèle que les prix des assurances emprunteur ont chuté de 27 % en moyenne entre 2020 et 2025. Cette évolution va à contre-courant de la hausse généralisée des autres assurances  (variation sur 10 ans) : +16 % pour les assurances auto +35 % pour l’assurance habitation +50 % pour les mutuelles santé. La principale raison de cette baisse est l’ouverture du marché grâce à des réformes législatives successives qui ont favorisé la libre concurrence. Dernière en date, la loi Lemoine a simplifié la résiliation et la substitution des contrats d’assurance de prêt immobilier, permettant aux consommateurs de trouver des offres mieux adaptées à leur profil et à des tarifs plus avantageux que le contrat initial. Depuis 2022, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier en cours de prêt à tout moment, sans attendre la date d’échéance autrefois requise par les dispositifs précédents (loi Hamon, amendement Bourquin). Cette opportunité peut être saisie dès le lendemain de la signature de l’offre de crédit pour optimiser les économies potentielles. Les emprunteurs de plus de 45 ans : grands gagnants de la baisse des tarifs L’étude de Magnolia.fr met en lumière que les emprunteurs âgés de 45 ans et plus ont bénéficié de la plus forte réduction tarifaire, avec une baisse moyenne de 35 %. Cette tendance s’explique par l’apparition d’offres plus spécifiques chez les assureurs alternatifs, qui permettent aux profils plus âgés d’obtenir des conditions plus favorables. Les personnes présentant un risque aggravé de santé profitent également de ces nouvelles opportunités. Grâce à l’assouplissement des critères et à la suppression du questionnaire médical sous certaines conditions (prêt inférieur ou égal à 200 000€ et remboursé avant le 60e anniversaire de l’emprunteur), elles ont désormais accès à des contrats plus compétitifs sans surprime pour raisons de santé. Les jeunes emprunteurs, âgés de 25 à 40 ans, ne sont pas en reste avec une diminution moyenne des tarifs de 20 %. Déjà avantagés par des primes plus basses grâce à leur profil jugé moins risqué, ils voient l’écart avec les assurances de groupe des banques se creuser davantage en leur faveur. Bancassureurs et alternatifs : une concurrence qui tire les prix vers le bas L’essor des assureurs alternatifs a profondément modifié le marché de l’assurance emprunteur. Alors que les banques continuent de proposer des assurances de groupe aux tarifs souvent élevés pour cause de mutualisation, les prestataires spécialisés offrent des contrats sur-mesure, plus compétitifs et mieux adaptés aux besoins individuels. L’application de la loi Lemoine a joué un rôle clé dans cette transformation. La flexibilité accrue permise par la substitution à tout moment a encouragé davantage de consommateurs à comparer les offres et à opter pour des solutions plus avantageuses. À garanties équivalentes, principe obligatoire pour que la banque accepte une offre externe, la délégation de contrat permet de diviser par 2 à 4 le coût d’une assurance emprunteur. Pour un prêt immobilier de 250 000€ sur 20 ans, le gain moyen est estimé entre 5 000€ et 15 000€. Comparer les offres pour optimiser son assurance emprunteur Vous pouvez faire des économies sur votre assurance de prêt immobilier quand vous le souhaitez, en amont comme en aval. Au moment de la souscription du crédit Grâce à la loi Lagarde, les emprunteurs peuvent choisir une assurance externe dès la signature du prêt, à condition que les garanties soient équivalentes à celles proposées par la banque. La délégation d’assurance permet souvent d’obtenir une assurance jusqu’à 60% moins chère. En cours de prêt Il est possible de changer d’assurance emprunteur à tout moment grâce à la loi Lemoine. Vous n’avez aucun préavis à respecter, uniquement le principe d’équivalence de niveau de garanties. Plus tôt vous choisissez une assurance plus avantageuse, plus vous réalisez d’économies sur l’ensemble de la durée du prêt. Un écart de prime de quelques dizaines d’euros par mois peut représenter des milliers d’euros d’économies sur plusieurs années. Négocier son assurance de prêt : premier levier d’économies Beaucoup d’emprunteurs se concentrent uniquement sur le taux d’intérêt de leur prêt, négligeant l’impact du coût de l’assurance. Pourtant, optimiser son assurance emprunteur peut générer des économies encore plus importantes qu’une légère baisse du taux de crédit. Sachez que l’assurance pèse en moyenne un tiers du coût global d’un prêt immobilier, soit la deuxième dépense après les intérêts d’emprunt. Prenons un exemple concret : Critère  Scénario initial  Scénario avec taux d’intérêts réduit Scénario avec taux assurance réduit Scénario combinant taux d’intérêts et taux d’assurance réduits Montant de l’emprunt 250 000 € 250 000 € 250 000 € 250 000 € Durée 20 ans 20 ans 20 ans 20 ans Taux nominal 3,50 % 3,40 % 3,50 % 3,40 % Coût total intérêts 97 976 € 94 901 € 97 976 € 94 901 € Taux assurance 0,34 % 0,34 % 0,16 % 0,16 % Cotisation annuelle assurance 852 € 852 € 396 € 396 € Coût total assurance 17 000 € 17 000 € 7 920 € 7 920 € Économie sur les intérêts - 3 075 € - 3 075 € Économie sur l’assurance - - 9 080 € 9 080 € Économie totale - 3 075 € 9 080 € 12 155 € Ce cas illustre l’importance de comparer et renégocier son assurance de prêt autant, sinon plus, que son taux d’intérêts. Miser uniquement sur la négociation du taux de crédit peut être une erreur si le coût de l’assurance est négligé. Un marché de l’assurance de prêt en pleine mutation au bénéfice des emprunteurs L’évolution du marché de l’assurance emprunteur en 2025 marque une véritable rupture avec les pratiques passées. L’ouverture à la concurrence, soutenue par les évolutions législatives, a permis de tirer les prix vers le bas et d’offrir des conditions plus avantageuses à un plus large panel d’emprunteurs. Comparer les offres via des outils en ligne spécialisés est aujourd’hui un réflexe essentiel pour toute personne souscrivant un crédit immobilier. Avec des écarts de prix significatifs entre les assurances de groupe et les contrats alternatifs, la vigilance et l’anticipation peuvent permettre de réaliser plusieurs milliers d’euros d’économies sur la durée totale d’un prêt. Un avantage non négligeable dans un contexte économique où la maîtrise des coûts est une priorité pour de nombreux ménages.

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Crédit immobilier avril 2025 : déjà la fin de la baisse des taux ?

Depuis le début de l'année 2024, les taux immobiliers ont connu une baisse progressive et constante, partant de 4,50% pour atteindre environ 3,20 % en mars 2025. Pourtant, un retournement de tendance pourrait être imminent, selon plusieurs experts du secteur. En cause, l'évolution des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 10 ans, qui restent autour de 3,5 %, et un contexte économique et géopolitique incertain. L'OAT 10 ans : Un indicateur clé pour les banques L'OAT 10 ans, un emprunt d'État servant de référence pour les taux de crédit immobilier, est un indicateur particulièrement scruté par les établissements bancaires. La corrélation entre l'évolution des OAT et les taux immobiliers est forte. Actuellement, cet indice oscille autour de 3,5 %, ce qui pourrait encourager certaines banques à ajuster leurs taux. En ce début avril, le taux moyen pour un prêt immobilier sur 20 ans se situe autour de 3,20% (hors assurance emprunteur et coût des sûretés). La différence entre l’OAT 10 ans et les taux d’emprunt est à l’avantage de ces derniers, ce qui est un contresens économique (voir plus bas). Si cette tendance haussière de l’OAT 10 ans se confirme, plusieurs établissements pourraient opter pour une hausse modérée, de l'ordre de 10 à 20 points de base. Toutefois, d'autres banques pourraient préférer une stabilisation, notamment en raison d'objectifs commerciaux élevés et de la nécessité d'attirer de nouveaux emprunteurs. Des taux en hausse en avril, mais pas de panique Malgré les premiers signaux de remontée des taux, certains courtiers se veulent rassurants. Comme indiqué plus haut, l’évolution reste contenue à 0,10 voire 0,20 point. Plusieurs facteurs influencent la fixation des taux de crédit, parmi lesquels : Le coût des ressources financières des banques Les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) Les stratégies commerciales des établissements prêteurs. Certaines banques proposent des offres attractives, qui viennent compléter le prêt initial. Par exemple, le Crédit Agricole propose jusqu'en juin un taux réduit à 1,99 % jusqu’à 25 000 € pour le financement d'un premier logement. Le Crédit Mutuel, quant à lui, met en avant un prêt de 30 000 euros à un taux fixe de 0,99 %. LCL accorde à ceux qui achètent dans le neuf un prêt jusqu’à 50 000 € sans intérêts bancaires, cumulable avec le nouveau PTZ, une aubaine pour les primo-accédants à compter d’avril 2025. Rappelons que votre crédit à l'habitat doit être garanti par une assurance de prêt qui rembourse la banque en cas d’aléas de la vie (décès, invalidité, incapacité de travail). L’assurance emprunteur est le premier levier pour diminuer le coût d’un prêt immobilier. Appuyez-vous sur la réglementation pour optimiser cette dépense contrainte. Grâce à la délégation d’assurance emprunteur, vous pouvez économiser des centaines voire des milliers d’euros sur la durée de votre crédit, les offres externes étant jusqu'à 4 fois moins chères que les assurances proposées au sein des banques prêteuses. Quels sont les facteurs à surveiller pour les prochains mois ? Si la stabilisation des taux se profile pour avril, plusieurs éléments pourraient influencer leur évolution à la hausse ou à la baisse à moyen terme. Parmi eux : Le contexte géopolitique : un apaisement du conflit en Ukraine pourrait favoriser une baisse des taux, tandis qu'une intensification des tensions entraînerait une hausse. Les politiques budgétaires européennes : le niveau d'endettement des États, notamment de la France et de l'Allemagne, peut rehausser les taux obligataires et, par ricochet, les taux immobiliers. Les décisions de la BCE : bien que la dernière baisse des taux directeurs du 12 mars soit perçue comme un signal positif, les banques restent prudentes avant d'ajuster massivement leurs offres. Une période d'attentisme avant un possible rebond Pour l'instant, les hausses ne sont ni généralisées ni significatives, et les emprunteurs présentant les meilleurs profils peuvent encore bénéficier de taux attractifs, parfois même sous la barre des 3 %. Cependant, les conditions d'accès au crédit risquent de se durcir dans les mois à venir. Contrairement à certaines idées reçues, les banques ne disposent pas d'un accès illimité aux liquidités de la BCE. Elles doivent se financer sur les marchés financiers, où elles entrent en concurrence avec les emprunts d'État pour attirer les investisseurs. Cette contrainte structurelle explique pourquoi une remontée durable des OAT pourrait inévitablement se répercuter sur les taux immobiliers. Conclusion Les semaines à venir seront déterminantes pour l'évolution des taux de crédit immobilier. Si une stabilisation est attendue à court terme, une reprise progressive des hausses n'est pas à exclure d'ici la fin du premier semestre 2025. Pour les emprunteurs, il peut être judicieux de profiter des conditions actuelles avant une éventuelle remontée plus marquée des taux. Emprunter maintenant !