Assurance emprunteur et cancer : comment obtenir son crédit immobilier en 2024 ?

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À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer le 4 février 2024, Magnolia.fr revient sur les modalités d’accès à une assurance de prêt immobilier pour les personnes atteintes de cette maladie grave aux formes multiples ou l’ayant vaincu.

Difficile accès à l’assurance de prêt immobilier avec un cancer

L’assurance emprunteur a pour finalité de sécuriser les sommes prêtées en cas de défaillance de l’assuré. Elle rembourse tout ou partie des mensualités si l’emprunteur décède, est victime d’arrêts de travail pour maladie ou accident ou devient invalide en cours de prêt. Sa souscription repose sur un questionnaire de santé qui renseigne l’assureur sur les antécédents médicaux du candidat. Il convient d’y répondre en toute bonne foi pour éviter un éventuel refus d’indemnisation ou la nullité du contrat d’assurance en cas d’omission ou de fausse déclaration.

Les emprunteurs touchés par la maladie comme un cancer sont considérés comme des profils à risques accrus par les assureurs, ce qui se traduit le plus souvent par des primes élevées ou des exclusions de couverture, quand ce n’est pas un refus pur et simple si le niveau de risques est jugé trop important.

Les personnes concernées sont frappées par la double peine : avoir ou avoir eu un cancer et ne pouvoir concrétiser son projet immobilier à cause de son historique de santé. La mobilisation des associations de malades, le travail des parlementaires, en partenariat avec les assureurs et les banques, ont permis de mettre en place un cadre réglementaire spécifique, destiné à faciliter l’accès à l’assurance et au crédit aux personnes dont l’état de santé est un obstacle majeur.

Les dispositifs pour souscrire une assurance emprunteur avec un cancer 

Le paysage de l'assurance emprunteur a connu des évolutions significatives ces dernières années, notamment en ce qui concerne les personnes touchées par un cancer qui cherchent à obtenir un crédit immobilier. Les assureurs ont ajusté leurs politiques pour mieux répondre aux besoins spécifiques de ces emprunteurs, reconnaissant la nécessité de réévaluer les risques associés à cette situation.

La convention Aeras

La convention Aeras (s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) est un dispositif qui a été mis en place pour faciliter l'accès à l'assurance emprunteur pour les personnes présentant un problème grave de santé. Elle s'applique notamment aux personnes ayant vaincu au cancer, celles toujours en traitement pour cette maladie ou vivant avec une pathologie chronique (diabète, hypertension, etc.).

La convention Aeras vise à trouver des solutions d'assurance accessibles et adaptées aux besoins spécifiques de chaque individu. La grille de référence définit les conditions d’accès à l’assurance emprunteur en fonction de la pathologie concernée et du diagnostic. Selon l’ancienneté de la maladie et de l’état de santé au moment de la souscription (marqueurs biologiques), il est possible de souscrire une assurance emprunteur à des conditions standards ou se rapprochant des conditions standards, avec une majoration de tarif plafonnée, assortie ou non d’une exclusion de garanties.

Pour bénéficier de la convention Aeras, la part assurée sur l’encours cumulé de prêts ne doit pas excéder 420 000€ (hors prêt relais dans le cadre de la résidence principale) pour une échéance fixée avant le 71ème anniversaire de l’emprunteur.

Le droit à l’oubli

Le droit à l’oubli est une mesure clé introduite par la convention Aeras. Il permet de ne pas déclarer son cancer dans le questionnaire de santé, passé un délai de 5 ans après la fin du protocole et en l’absence de rechute. Avant la loi Lemoine de 2022, il fallait attendre 10 ans pour en bénéficier. Depuis le 1er juin 2022, ce dispositif est également accessible aux personnes guéries d’une hépatite virale C.

Vous pouvez ainsi accéder à l’assurance emprunteur sans aucune surprime ni exclusion de garantie concernant cet antécédent. Si vous transmettez des informations par erreur concernant votre ancienne maladie, le service médical de l’assureur ne les prendra pas en compte dans son évaluation du risque.

Attention : vous devez déclarer dans le questionnaire de santé les autres pathologies associées ou non à une prise en charge en ALD (Affection de Longue Durée), ainsi que les situations d’incapacité, d’invalidité ou d’inaptitude au travail en lien ou non avec la maladie relevant du droit à l’oubli.

Le droit à l’oubli s’applique uniquement dans le cadre d’un prêt immobilier destiné à financer la résidence principale ou dans le cadre d’un encours cumulé de prêts immobiliers et de prêts professionnels (acquisition de locaux et /ou de matériels) dont la part assurée n’excède pas 420 000€ (hors prêt relais pour la résidence principale), avec un terme avant le 71ème anniversaire de l’emprunteur. 

La loi Lemoine

Les droits des emprunteurs ont fait un bond en avant grâce à la loi Lemoine. Depuis le 1er juin 2022, certaines situations permettent d’échapper à la sélection médicale. Si les deux conditions suivantes sont respectées, vous n’avez pas à remplir de questionnaire de santé :

  • La part assurée n’excède pas 200 000€, soit un plafond de 400 000€ pour un couple avec une quotité d’assurance de prêt de 50% sur chaque tête.
  • Le solde du crédit intervient avant votre 60ème anniversaire.

L’assureur, qu’il s’agisse de la banque ou d’un prestataire externe, n’a pas le droit de rechercher d’informations relatives à la santé du candidat, ni de demander d’examen médical. Que vous ayez un cancer ou soyez en rémission sans pouvoir prétendre au droit à l’oubli, vous pouvez ainsi souscrire une assurance emprunteur à des conditions standards.

Vous pouvez aussi bénéficier de la loi Lemoine pour changer d’assurance de prêt immobilier si vous payez le prix fort compte tenu de votre étant de santé, sans avoir une couverture optimale. Depuis le 1er septembre 2022, tout emprunteur peut résilier le contrat en cours à tout moment pour le substituer par une formule concurrente à niveau de garanties équivalent.

Quel que soit votre état de santé, vous avez le droit de choisir librement votre assurance emprunteur et de refuser la proposition d’assurance de la banque pour lui préférer une offre externe à garanties au moins équivalentes. Utilisez un comparateur d’assurance de prêt immobilier et trouvez le contrat qui vous protège selon vos besoins au meilleur prix.

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Assurance de prêt immobilier : forte baisse des tarifs depuis 2020

Les primes d’assurance de prêt immobilier connaissent une tendance à la baisse ces dernières années. Contrairement aux autres types d’assurances qui ont vu leurs prix augmenter, et même fortement, l’assurance emprunteur devient financièrement plus accessible. Cette diminution des coûts s’explique notamment par la concurrence accrue entre les banques et les assureurs externes, également par l’évolution de la réglementation en faveur des consommateurs. Qui sont les principaux bénéficiaires de cette baisse ? Comment en tirer le meilleur parti ? Décryptage. Tarifs assurance emprunteur : une baisse moyenne de 27 % sur 5 ans Une étude menée par le comparateur en ligne Magnolia.fr révèle que les prix des assurances emprunteur ont chuté de 27 % en moyenne entre 2020 et 2025. Cette évolution va à contre-courant de la hausse généralisée des autres assurances  (variation sur 10 ans) : +16 % pour les assurances auto +35 % pour l’assurance habitation +50 % pour les mutuelles santé. La principale raison de cette baisse est l’ouverture du marché grâce à des réformes législatives successives qui ont favorisé la libre concurrence. Dernière en date, la loi Lemoine a simplifié la résiliation et la substitution des contrats d’assurance de prêt immobilier, permettant aux consommateurs de trouver des offres mieux adaptées à leur profil et à des tarifs plus avantageux que le contrat initial. Depuis 2022, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier en cours de prêt à tout moment, sans attendre la date d’échéance autrefois requise par les dispositifs précédents (loi Hamon, amendement Bourquin). Cette opportunité peut être saisie dès le lendemain de la signature de l’offre de crédit pour optimiser les économies potentielles. Les emprunteurs de plus de 45 ans : grands gagnants de la baisse des tarifs L’étude de Magnolia.fr met en lumière que les emprunteurs âgés de 45 ans et plus ont bénéficié de la plus forte réduction tarifaire, avec une baisse moyenne de 35 %. Cette tendance s’explique par l’apparition d’offres plus spécifiques chez les assureurs alternatifs, qui permettent aux profils plus âgés d’obtenir des conditions plus favorables. Les personnes présentant un risque aggravé de santé profitent également de ces nouvelles opportunités. Grâce à l’assouplissement des critères et à la suppression du questionnaire médical sous certaines conditions (prêt inférieur ou égal à 200 000€ et remboursé avant le 60e anniversaire de l’emprunteur), elles ont désormais accès à des contrats plus compétitifs sans surprime pour raisons de santé. Les jeunes emprunteurs, âgés de 25 à 40 ans, ne sont pas en reste avec une diminution moyenne des tarifs de 20 %. Déjà avantagés par des primes plus basses grâce à leur profil jugé moins risqué, ils voient l’écart avec les assurances de groupe des banques se creuser davantage en leur faveur. Bancassureurs et alternatifs : une concurrence qui tire les prix vers le bas L’essor des assureurs alternatifs a profondément modifié le marché de l’assurance emprunteur. Alors que les banques continuent de proposer des assurances de groupe aux tarifs souvent élevés pour cause de mutualisation, les prestataires spécialisés offrent des contrats sur-mesure, plus compétitifs et mieux adaptés aux besoins individuels. L’application de la loi Lemoine a joué un rôle clé dans cette transformation. La flexibilité accrue permise par la substitution à tout moment a encouragé davantage de consommateurs à comparer les offres et à opter pour des solutions plus avantageuses. À garanties équivalentes, principe obligatoire pour que la banque accepte une offre externe, la délégation de contrat permet de diviser par 2 à 4 le coût d’une assurance emprunteur. Pour un prêt immobilier de 250 000€ sur 20 ans, le gain moyen est estimé entre 5 000€ et 15 000€. Comparer les offres pour optimiser son assurance emprunteur Vous pouvez faire des économies sur votre assurance de prêt immobilier quand vous le souhaitez, en amont comme en aval. Au moment de la souscription du crédit Grâce à la loi Lagarde, les emprunteurs peuvent choisir une assurance externe dès la signature du prêt, à condition que les garanties soient équivalentes à celles proposées par la banque. La délégation d’assurance permet souvent d’obtenir une assurance jusqu’à 60% moins chère. En cours de prêt Il est possible de changer d’assurance emprunteur à tout moment grâce à la loi Lemoine. Vous n’avez aucun préavis à respecter, uniquement le principe d’équivalence de niveau de garanties. Plus tôt vous choisissez une assurance plus avantageuse, plus vous réalisez d’économies sur l’ensemble de la durée du prêt. Un écart de prime de quelques dizaines d’euros par mois peut représenter des milliers d’euros d’économies sur plusieurs années. Négocier son assurance de prêt : premier levier d’économies Beaucoup d’emprunteurs se concentrent uniquement sur le taux d’intérêt de leur prêt, négligeant l’impact du coût de l’assurance. Pourtant, optimiser son assurance emprunteur peut générer des économies encore plus importantes qu’une légère baisse du taux de crédit. Sachez que l’assurance pèse en moyenne un tiers du coût global d’un prêt immobilier, soit la deuxième dépense après les intérêts d’emprunt. Prenons un exemple concret : Critère  Scénario initial  Scénario avec taux d’intérêts réduit Scénario avec taux assurance réduit Scénario combinant taux d’intérêts et taux d’assurance réduits Montant de l’emprunt 250 000 € 250 000 € 250 000 € 250 000 € Durée 20 ans 20 ans 20 ans 20 ans Taux nominal 3,50 % 3,40 % 3,50 % 3,40 % Coût total intérêts 97 976 € 94 901 € 97 976 € 94 901 € Taux assurance 0,34 % 0,34 % 0,16 % 0,16 % Cotisation annuelle assurance 852 € 852 € 396 € 396 € Coût total assurance 17 000 € 17 000 € 7 920 € 7 920 € Économie sur les intérêts - 3 075 € - 3 075 € Économie sur l’assurance - - 9 080 € 9 080 € Économie totale - 3 075 € 9 080 € 12 155 € Ce cas illustre l’importance de comparer et renégocier son assurance de prêt autant, sinon plus, que son taux d’intérêts. Miser uniquement sur la négociation du taux de crédit peut être une erreur si le coût de l’assurance est négligé. Un marché de l’assurance de prêt en pleine mutation au bénéfice des emprunteurs L’évolution du marché de l’assurance emprunteur en 2025 marque une véritable rupture avec les pratiques passées. L’ouverture à la concurrence, soutenue par les évolutions législatives, a permis de tirer les prix vers le bas et d’offrir des conditions plus avantageuses à un plus large panel d’emprunteurs. Comparer les offres via des outils en ligne spécialisés est aujourd’hui un réflexe essentiel pour toute personne souscrivant un crédit immobilier. Avec des écarts de prix significatifs entre les assurances de groupe et les contrats alternatifs, la vigilance et l’anticipation peuvent permettre de réaliser plusieurs milliers d’euros d’économies sur la durée totale d’un prêt. Un avantage non négligeable dans un contexte économique où la maîtrise des coûts est une priorité pour de nombreux ménages.

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Crédit immobilier avril 2025 : déjà la fin de la baisse des taux ?

Depuis le début de l'année 2024, les taux immobiliers ont connu une baisse progressive et constante, partant de 4,50% pour atteindre environ 3,20 % en mars 2025. Pourtant, un retournement de tendance pourrait être imminent, selon plusieurs experts du secteur. En cause, l'évolution des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 10 ans, qui restent autour de 3,5 %, et un contexte économique et géopolitique incertain. L'OAT 10 ans : Un indicateur clé pour les banques L'OAT 10 ans, un emprunt d'État servant de référence pour les taux de crédit immobilier, est un indicateur particulièrement scruté par les établissements bancaires. La corrélation entre l'évolution des OAT et les taux immobiliers est forte. Actuellement, cet indice oscille autour de 3,5 %, ce qui pourrait encourager certaines banques à ajuster leurs taux. En ce début avril, le taux moyen pour un prêt immobilier sur 20 ans se situe autour de 3,20% (hors assurance emprunteur et coût des sûretés). La différence entre l’OAT 10 ans et les taux d’emprunt est à l’avantage de ces derniers, ce qui est un contresens économique (voir plus bas). Si cette tendance haussière de l’OAT 10 ans se confirme, plusieurs établissements pourraient opter pour une hausse modérée, de l'ordre de 10 à 20 points de base. Toutefois, d'autres banques pourraient préférer une stabilisation, notamment en raison d'objectifs commerciaux élevés et de la nécessité d'attirer de nouveaux emprunteurs. Des taux en hausse en avril, mais pas de panique Malgré les premiers signaux de remontée des taux, certains courtiers se veulent rassurants. Comme indiqué plus haut, l’évolution reste contenue à 0,10 voire 0,20 point. Plusieurs facteurs influencent la fixation des taux de crédit, parmi lesquels : Le coût des ressources financières des banques Les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) Les stratégies commerciales des établissements prêteurs. Certaines banques proposent des offres attractives, qui viennent compléter le prêt initial. Par exemple, le Crédit Agricole propose jusqu'en juin un taux réduit à 1,99 % jusqu’à 25 000 € pour le financement d'un premier logement. Le Crédit Mutuel, quant à lui, met en avant un prêt de 30 000 euros à un taux fixe de 0,99 %. LCL accorde à ceux qui achètent dans le neuf un prêt jusqu’à 50 000 € sans intérêts bancaires, cumulable avec le nouveau PTZ, une aubaine pour les primo-accédants à compter d’avril 2025. Rappelons que votre crédit à l'habitat doit être garanti par une assurance de prêt qui rembourse la banque en cas d’aléas de la vie (décès, invalidité, incapacité de travail). L’assurance emprunteur est le premier levier pour diminuer le coût d’un prêt immobilier. Appuyez-vous sur la réglementation pour optimiser cette dépense contrainte. Grâce à la délégation d’assurance emprunteur, vous pouvez économiser des centaines voire des milliers d’euros sur la durée de votre crédit, les offres externes étant jusqu'à 4 fois moins chères que les assurances proposées au sein des banques prêteuses. Quels sont les facteurs à surveiller pour les prochains mois ? Si la stabilisation des taux se profile pour avril, plusieurs éléments pourraient influencer leur évolution à la hausse ou à la baisse à moyen terme. Parmi eux : Le contexte géopolitique : un apaisement du conflit en Ukraine pourrait favoriser une baisse des taux, tandis qu'une intensification des tensions entraînerait une hausse. Les politiques budgétaires européennes : le niveau d'endettement des États, notamment de la France et de l'Allemagne, peut rehausser les taux obligataires et, par ricochet, les taux immobiliers. Les décisions de la BCE : bien que la dernière baisse des taux directeurs du 12 mars soit perçue comme un signal positif, les banques restent prudentes avant d'ajuster massivement leurs offres. Une période d'attentisme avant un possible rebond Pour l'instant, les hausses ne sont ni généralisées ni significatives, et les emprunteurs présentant les meilleurs profils peuvent encore bénéficier de taux attractifs, parfois même sous la barre des 3 %. Cependant, les conditions d'accès au crédit risquent de se durcir dans les mois à venir. Contrairement à certaines idées reçues, les banques ne disposent pas d'un accès illimité aux liquidités de la BCE. Elles doivent se financer sur les marchés financiers, où elles entrent en concurrence avec les emprunts d'État pour attirer les investisseurs. Cette contrainte structurelle explique pourquoi une remontée durable des OAT pourrait inévitablement se répercuter sur les taux immobiliers. Conclusion Les semaines à venir seront déterminantes pour l'évolution des taux de crédit immobilier. Si une stabilisation est attendue à court terme, une reprise progressive des hausses n'est pas à exclure d'ici la fin du premier semestre 2025. Pour les emprunteurs, il peut être judicieux de profiter des conditions actuelles avant une éventuelle remontée plus marquée des taux. Emprunter maintenant !