Assurance emprunteur et cancer : quel contrat en 2023 ?

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Le nombre de nouveaux cas de cancers a doublé en France depuis 1990* ; ces maladies représentent la première cause de décès prématuré dans notre pays, devant les affections cardiovasculaires. Deux raisons qui pourraient justifier la réticence des banques à prêter aux personnes concernées. Heureusement, la réglementation protège les personnes qui ont surmonté la maladie, mais aussi celles qui continuent de se battre pour guérir. Magnolia.fr fait le point sur les possibilités d’accès à l’assurance de prêt en cas d’historique de cancer.

Assurance emprunteur : indispensable pour sécuriser un crédit immobilier

Bien qu’elle ne repose pas sur une obligation légale, la souscription à l’assurance emprunteur est un préalable pour obtenir un crédit immobilier. L’assurance rembourse la banque en cas de défaillance de l’assuré et fait partie des frais de garantie nécessaires pour sécuriser l’emprunt.

L’assurance intervient dans des cas précis : décès, invalidité et incapacité de travail. Elle repose sur des garanties spécifiques qui couvrent ces risques en fonction des conditions du contrat et à hauteur de la quotité d’assurance de prêt.

La souscription passe par l’étape obligée du questionnaire de santé qui renseigne l’assureur sur les antécédents et l’état actuel de santé du candidat à l’emprunt. Sur la base des informations fournies, le professionnel formule une réponse assurantielle, assortie d’une surprime ou d’exclusion de garantie, et en cas de risques trop élevés, oppose un refus d’assurance de prêt.

Les personnes qui présentent des risques accrus de santé peinent à accéder à l’assurance et au crédit : soit le tarif est rédhibitoire, soit la couverture proposée n’offre pas de protection suffisante pour cause d’exclusion, soit elles essuient un refus et ne peuvent obtenir le financement bancaire.

Assurance emprunteur et convention Aeras

Le législateur a mis en place la convention Aeras (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) pour répondre à la problématique des personnes touchées par la maladie. En fonction de la pathologie concernée, il est possible d’accéder à l’assurance emprunteur à tarifs standards, ou avec une surprime plafonnée, les exclusions de garantie pouvant être appliquées. Une grille de référence qui évolue au fil des progrès de la médecine recense les pathologies éligibles au dispositif après un délai post-diagnostic.

La convention Aeras contient une mesure fondamentale pour les emprunteurs ayant souffert d’un cancer : en vertu du droit à l’oubli, toute personne en rémission depuis au moins 5 ans après la fin du protocole thérapeutique et sans rechute n’a pas à déclarer son ancienne maladie dans le questionnaire de santé assurance emprunteur. Avant la loi Lemoine 2022, le délai était de 10 ans. Le dispositif est désormais accessible aux personnes guéries d’une hépatite virale C.

Regardons maintenant en fonction de votre situation personnelle comment il est possible d’accéder à l’assurance et au prêt immobilier en ayant ou ayant eu un cancer.

Vous êtes malade d’un cancer

Dès lors que la part assurée n’excède pas 420 000€, et que l’échéance du prêt intervient avant votre 71ème anniversaire, vous faites valoir la convention Aeras, dispositif qui s’oppose aux banques et aux assureurs. En fonction de la pathologie cancéreuse, de la date du diagnostic et des marqueurs biologiques, vous pouvez souscrire une assurance de prêt à des conditions standards ou s’en approchant.

Voici quelques exemples de cancers qui permettent l’accès à l’assurance à des conditions d’acceptation sans surprime ni exclusion :

  • cancer du testicule de stade 1 à partir de 3 ans à compter de la fin du protocole thérapeutique et sans rechute

  • certains cancers du sein in situ à partir d’un an à compter de la fin du protocole thérapeutique et sans rechute

  • cancer du côlon et du rectum de stade 1 à partir de 4 ans à compter de la fin du protocole thérapeutique et sans rechute.

Pour certains cancers du sein infiltrants, l’assurance emprunteur est accessible après un délai de 3 ans après le diagnostic avec une surprime plafonnée à 100% sur les garanties décès, PTIA, incapacité et invalidité.

Vous avez été malade d’un cancer

Au-delà d’un délai de 5 ans après la fin du protocole thérapeutique et en l’absence de rechute, vous bénéficiez du droit à l’oubli qui vous permet de ne pas déclarer votre ancienne maladie à l’assureur, quels qu’en soient la localisation et le type histologique. Si le cancer a été déclaré dans le formulaire, les propositions d’assurance ne doivent en aucun cas comprendre des exclusions de garanties ou des surprimes au titre de cet antécédent.

Tout autre pathologie ou facteur de risque, les situations d’incapacité ou d’invalidité, en lien ou non avec le cancer relevant du droit à l’oubli, doivent être déclarés dans le questionnaire et fera l’objet d’une réponse circonstanciée de l’assureur.

Accéder à l’assurance emprunteur sans questionnaire de santé

Pour les prêts d’un montant de moins de 200 000€ (400 000€ pour un couple avec une quotité à 50% sur chaque tête) remboursés avant votre 60ème anniversaire, vous n’avez pas à remplir de questionnaire de santé lors de la souscription à l’assurance de prêt.

Cette mesure introduite par la loi Lemoine le 1er juin 2022 facilite l’inclusion des personnes malades ou ayant été malades, mais elle concerne principalement les jeunes emprunteurs (entre 25 et 35 ans) en raison de la limite légale de remboursement d’un prêt immobilier fixé à 25 ans (règles d’octroi du HCSF).

Si vous respectez les conditions, quel que soit votre état de santé et l’historique des pathologies dont vous avez pu souffrir, l’assureur n’a plus le droit de rechercher aucune donnée de santé vous concernant. Vous accédez à l’assurance de prêt sans surprime ni exclusion, et vous ne risquez pas un refus d’assurance.

Quelle que soit votre situation, vous avez l’opportunité de changer d’assurance de prêt immobilier à tout moment et sans frais, sans attendre la date d’échéance. Si vous êtes couvert par un contrat qui vous coûte cher ou peu protecteur car assorti d’une surprime ou d’exclusion de garantie pour raisons de santé, profitez de la loi Lemoine. Vous pouvez désormais bénéficier plus tôt du droit à l’oubli ou échapper au questionnaire de santé en fonction de votre profil et des caractéristiques de votre prêt immobilier.

 *Étude Santé Publique France

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Assurance de prêt immobilier : forte baisse des tarifs depuis 2020

Les primes d’assurance de prêt immobilier connaissent une tendance à la baisse ces dernières années. Contrairement aux autres types d’assurances qui ont vu leurs prix augmenter, et même fortement, l’assurance emprunteur devient financièrement plus accessible. Cette diminution des coûts s’explique notamment par la concurrence accrue entre les banques et les assureurs externes, également par l’évolution de la réglementation en faveur des consommateurs. Qui sont les principaux bénéficiaires de cette baisse ? Comment en tirer le meilleur parti ? Décryptage. Tarifs assurance emprunteur : une baisse moyenne de 27 % sur 5 ans Une étude menée par le comparateur en ligne Magnolia.fr révèle que les prix des assurances emprunteur ont chuté de 27 % en moyenne entre 2020 et 2025. Cette évolution va à contre-courant de la hausse généralisée des autres assurances  (variation sur 10 ans) : +16 % pour les assurances auto +35 % pour l’assurance habitation +50 % pour les mutuelles santé. La principale raison de cette baisse est l’ouverture du marché grâce à des réformes législatives successives qui ont favorisé la libre concurrence. Dernière en date, la loi Lemoine a simplifié la résiliation et la substitution des contrats d’assurance de prêt immobilier, permettant aux consommateurs de trouver des offres mieux adaptées à leur profil et à des tarifs plus avantageux que le contrat initial. Depuis 2022, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier en cours de prêt à tout moment, sans attendre la date d’échéance autrefois requise par les dispositifs précédents (loi Hamon, amendement Bourquin). Cette opportunité peut être saisie dès le lendemain de la signature de l’offre de crédit pour optimiser les économies potentielles. Les emprunteurs de plus de 45 ans : grands gagnants de la baisse des tarifs L’étude de Magnolia.fr met en lumière que les emprunteurs âgés de 45 ans et plus ont bénéficié de la plus forte réduction tarifaire, avec une baisse moyenne de 35 %. Cette tendance s’explique par l’apparition d’offres plus spécifiques chez les assureurs alternatifs, qui permettent aux profils plus âgés d’obtenir des conditions plus favorables. Les personnes présentant un risque aggravé de santé profitent également de ces nouvelles opportunités. Grâce à l’assouplissement des critères et à la suppression du questionnaire médical sous certaines conditions (prêt inférieur ou égal à 200 000€ et remboursé avant le 60e anniversaire de l’emprunteur), elles ont désormais accès à des contrats plus compétitifs sans surprime pour raisons de santé. Les jeunes emprunteurs, âgés de 25 à 40 ans, ne sont pas en reste avec une diminution moyenne des tarifs de 20 %. Déjà avantagés par des primes plus basses grâce à leur profil jugé moins risqué, ils voient l’écart avec les assurances de groupe des banques se creuser davantage en leur faveur. Bancassureurs et alternatifs : une concurrence qui tire les prix vers le bas L’essor des assureurs alternatifs a profondément modifié le marché de l’assurance emprunteur. Alors que les banques continuent de proposer des assurances de groupe aux tarifs souvent élevés pour cause de mutualisation, les prestataires spécialisés offrent des contrats sur-mesure, plus compétitifs et mieux adaptés aux besoins individuels. L’application de la loi Lemoine a joué un rôle clé dans cette transformation. La flexibilité accrue permise par la substitution à tout moment a encouragé davantage de consommateurs à comparer les offres et à opter pour des solutions plus avantageuses. À garanties équivalentes, principe obligatoire pour que la banque accepte une offre externe, la délégation de contrat permet de diviser par 2 à 4 le coût d’une assurance emprunteur. Pour un prêt immobilier de 250 000€ sur 20 ans, le gain moyen est estimé entre 5 000€ et 15 000€. Comparer les offres pour optimiser son assurance emprunteur Vous pouvez faire des économies sur votre assurance de prêt immobilier quand vous le souhaitez, en amont comme en aval. Au moment de la souscription du crédit Grâce à la loi Lagarde, les emprunteurs peuvent choisir une assurance externe dès la signature du prêt, à condition que les garanties soient équivalentes à celles proposées par la banque. La délégation d’assurance permet souvent d’obtenir une assurance jusqu’à 60% moins chère. En cours de prêt Il est possible de changer d’assurance emprunteur à tout moment grâce à la loi Lemoine. Vous n’avez aucun préavis à respecter, uniquement le principe d’équivalence de niveau de garanties. Plus tôt vous choisissez une assurance plus avantageuse, plus vous réalisez d’économies sur l’ensemble de la durée du prêt. Un écart de prime de quelques dizaines d’euros par mois peut représenter des milliers d’euros d’économies sur plusieurs années. Négocier son assurance de prêt : premier levier d’économies Beaucoup d’emprunteurs se concentrent uniquement sur le taux d’intérêt de leur prêt, négligeant l’impact du coût de l’assurance. Pourtant, optimiser son assurance emprunteur peut générer des économies encore plus importantes qu’une légère baisse du taux de crédit. Sachez que l’assurance pèse en moyenne un tiers du coût global d’un prêt immobilier, soit la deuxième dépense après les intérêts d’emprunt. Prenons un exemple concret : Critère  Scénario initial  Scénario avec taux d’intérêts réduit Scénario avec taux assurance réduit Scénario combinant taux d’intérêts et taux d’assurance réduits Montant de l’emprunt 250 000 € 250 000 € 250 000 € 250 000 € Durée 20 ans 20 ans 20 ans 20 ans Taux nominal 3,50 % 3,40 % 3,50 % 3,40 % Coût total intérêts 97 976 € 94 901 € 97 976 € 94 901 € Taux assurance 0,34 % 0,34 % 0,16 % 0,16 % Cotisation annuelle assurance 852 € 852 € 396 € 396 € Coût total assurance 17 000 € 17 000 € 7 920 € 7 920 € Économie sur les intérêts - 3 075 € - 3 075 € Économie sur l’assurance - - 9 080 € 9 080 € Économie totale - 3 075 € 9 080 € 12 155 € Ce cas illustre l’importance de comparer et renégocier son assurance de prêt autant, sinon plus, que son taux d’intérêts. Miser uniquement sur la négociation du taux de crédit peut être une erreur si le coût de l’assurance est négligé. Un marché de l’assurance de prêt en pleine mutation au bénéfice des emprunteurs L’évolution du marché de l’assurance emprunteur en 2025 marque une véritable rupture avec les pratiques passées. L’ouverture à la concurrence, soutenue par les évolutions législatives, a permis de tirer les prix vers le bas et d’offrir des conditions plus avantageuses à un plus large panel d’emprunteurs. Comparer les offres via des outils en ligne spécialisés est aujourd’hui un réflexe essentiel pour toute personne souscrivant un crédit immobilier. Avec des écarts de prix significatifs entre les assurances de groupe et les contrats alternatifs, la vigilance et l’anticipation peuvent permettre de réaliser plusieurs milliers d’euros d’économies sur la durée totale d’un prêt. Un avantage non négligeable dans un contexte économique où la maîtrise des coûts est une priorité pour de nombreux ménages.

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Crédit immobilier avril 2025 : déjà la fin de la baisse des taux ?

Depuis le début de l'année 2024, les taux immobiliers ont connu une baisse progressive et constante, partant de 4,50% pour atteindre environ 3,20 % en mars 2025. Pourtant, un retournement de tendance pourrait être imminent, selon plusieurs experts du secteur. En cause, l'évolution des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 10 ans, qui restent autour de 3,5 %, et un contexte économique et géopolitique incertain. L'OAT 10 ans : Un indicateur clé pour les banques L'OAT 10 ans, un emprunt d'État servant de référence pour les taux de crédit immobilier, est un indicateur particulièrement scruté par les établissements bancaires. La corrélation entre l'évolution des OAT et les taux immobiliers est forte. Actuellement, cet indice oscille autour de 3,5 %, ce qui pourrait encourager certaines banques à ajuster leurs taux. En ce début avril, le taux moyen pour un prêt immobilier sur 20 ans se situe autour de 3,20% (hors assurance emprunteur et coût des sûretés). La différence entre l’OAT 10 ans et les taux d’emprunt est à l’avantage de ces derniers, ce qui est un contresens économique (voir plus bas). Si cette tendance haussière de l’OAT 10 ans se confirme, plusieurs établissements pourraient opter pour une hausse modérée, de l'ordre de 10 à 20 points de base. Toutefois, d'autres banques pourraient préférer une stabilisation, notamment en raison d'objectifs commerciaux élevés et de la nécessité d'attirer de nouveaux emprunteurs. Des taux en hausse en avril, mais pas de panique Malgré les premiers signaux de remontée des taux, certains courtiers se veulent rassurants. Comme indiqué plus haut, l’évolution reste contenue à 0,10 voire 0,20 point. Plusieurs facteurs influencent la fixation des taux de crédit, parmi lesquels : Le coût des ressources financières des banques Les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) Les stratégies commerciales des établissements prêteurs. Certaines banques proposent des offres attractives, qui viennent compléter le prêt initial. Par exemple, le Crédit Agricole propose jusqu'en juin un taux réduit à 1,99 % jusqu’à 25 000 € pour le financement d'un premier logement. Le Crédit Mutuel, quant à lui, met en avant un prêt de 30 000 euros à un taux fixe de 0,99 %. LCL accorde à ceux qui achètent dans le neuf un prêt jusqu’à 50 000 € sans intérêts bancaires, cumulable avec le nouveau PTZ, une aubaine pour les primo-accédants à compter d’avril 2025. Rappelons que votre crédit à l'habitat doit être garanti par une assurance de prêt qui rembourse la banque en cas d’aléas de la vie (décès, invalidité, incapacité de travail). L’assurance emprunteur est le premier levier pour diminuer le coût d’un prêt immobilier. Appuyez-vous sur la réglementation pour optimiser cette dépense contrainte. Grâce à la délégation d’assurance emprunteur, vous pouvez économiser des centaines voire des milliers d’euros sur la durée de votre crédit, les offres externes étant jusqu'à 4 fois moins chères que les assurances proposées au sein des banques prêteuses. Quels sont les facteurs à surveiller pour les prochains mois ? Si la stabilisation des taux se profile pour avril, plusieurs éléments pourraient influencer leur évolution à la hausse ou à la baisse à moyen terme. Parmi eux : Le contexte géopolitique : un apaisement du conflit en Ukraine pourrait favoriser une baisse des taux, tandis qu'une intensification des tensions entraînerait une hausse. Les politiques budgétaires européennes : le niveau d'endettement des États, notamment de la France et de l'Allemagne, peut rehausser les taux obligataires et, par ricochet, les taux immobiliers. Les décisions de la BCE : bien que la dernière baisse des taux directeurs du 12 mars soit perçue comme un signal positif, les banques restent prudentes avant d'ajuster massivement leurs offres. Une période d'attentisme avant un possible rebond Pour l'instant, les hausses ne sont ni généralisées ni significatives, et les emprunteurs présentant les meilleurs profils peuvent encore bénéficier de taux attractifs, parfois même sous la barre des 3 %. Cependant, les conditions d'accès au crédit risquent de se durcir dans les mois à venir. Contrairement à certaines idées reçues, les banques ne disposent pas d'un accès illimité aux liquidités de la BCE. Elles doivent se financer sur les marchés financiers, où elles entrent en concurrence avec les emprunts d'État pour attirer les investisseurs. Cette contrainte structurelle explique pourquoi une remontée durable des OAT pourrait inévitablement se répercuter sur les taux immobiliers. Conclusion Les semaines à venir seront déterminantes pour l'évolution des taux de crédit immobilier. Si une stabilisation est attendue à court terme, une reprise progressive des hausses n'est pas à exclure d'ici la fin du premier semestre 2025. Pour les emprunteurs, il peut être judicieux de profiter des conditions actuelles avant une éventuelle remontée plus marquée des taux. Emprunter maintenant !