Résiliation à tout moment de l'assurance de prêt : top départ en juin 2022

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Vous allez pouvoir résilier votre assurance de prêt immobilier à tout moment dès cette année. Réunis hier jeudi 3 février en commission mixte paritaire, députés et sénateurs ont, contre toute attente, trouvé un accord sur la proposition de loi Lemoine. Le texte adopté prévoit également des avancées majeures pour les personnes touchées par un cancer en raccourcissant le délai du droit à l'oubli. La suppression de la sélection médicale est elle aussi validée sous certaines conditions. Cette réforme de l'assurance emprunteurr était nécessaire afin de libéraliser un marché détenu à 88% par les banques et de faciliter l'accès au crédit.

Changer d'assurance de prêt à tout moment

La surprise est de taille car peu misaient sur un accord tant les deux chambres semblaient irréconciliables et le calendrier ténu. La commission mixte paritaire qui rassemblait hier 7 députés et 7 sénateurs, ainsi que leurs suppléants, s'est entendue, sans heurt, sur la possibilité de résiliation à tout moment des contrats d'assurance de prêt immobilier. Ce droit fondateur de la proposition de loi Lemoine avait été adopté en première lecture par l'Assemblée nationale, avant d'être retoqué il y a quelques jours par le Sénat. Cette opposition obligeait les parlementaires à se réunir en CMP.

Les sénateurs jugeaient suffisants les dispositifs en place, à savoir la loi Hamon qui permet de changer d'assurance à tout moment durant la première année du prêt et l'amendement Bourquin qui autorise la substitution annuelle à date d'échéance, se contentant alors de préciser cette date butoir et de renforcer l'information des emprunteurs.

Ils ont finalement estimé que "tous les éléments sont réunis pour que le marché de l'assurance emprunteur soit véritablement fluide", comme l'a admis le sénateur Daniel Gremillet, rapporteur de ce texte de loi au nom du Sénat. La libéralisation de ce marché est fondamentale pour permettre à tout emprunteur d'exercer librement son droit au libre choix du contrat. Sans la possibilité de changer de formule quand bon lui semble, comme cela est autorisé en assurances auto, habitation et santé, l'emprunteur se voit priver d'une opportunité d'économiser sur le coût de son assurance.

Le changement d'assurance devient enfin réaliste en n'étant plus soumis à une date d'échéance, pierre d'achoppement d'une grande majorité de demandes de substitution. À la clef, des milliers d'euros de gain tout simplement en remplaçant l'assurance du prêteur par une offre alternative à garanties au moins équivalentes.

Ce droit est accordé à tous les nouveaux contrats à compter du 1er juin 2022 et aux contrats déjà souscrits à compter du 1er septembre 2022.

Les emprunteurs mieux informés

L’accord bi-camériste prévoit également un renforcement des obligations des banques et assureurs à l'égard de leurs clients. Sans appuyer sur l'information, il aurait été illusoire que le droit au changement à tout moment puisse s'appliquer pleinement.

L'assureur doit obligatoirement informer chaque année l'assuré, sur support papier ou tout autre support durable, de son droit à résiliation à tout moment et des modalités de ce droit. 

En cas de rejet d'une demande de substitution, l'assureur doit préciser explicitement sa décision, c'est-à-dire exposer par écrit tous les motifs de refus pour que l'emprunteur puisse éventuellement reformuler une demande conforme aux exigences du prêteur en termes de garanties.

Le coût de l'assurance doit par ailleurs être notifié sur 8 années, une information essentielle, car en moyenne les crédits immobiliers sont remboursés au bout d'une dizaine d'années.

Toute acception de substitution entraîne la rédaction d'un avenant au contrat de prêt dans les 10 jours ouvrés à compter de la réception de la demande.

Évolution du droit à l'oubli

Un des aspects majeurs du texte commun concerne la sélection médicale. Les assureurs n'auront plus le droit de rechercher aucune information relative aux pathologies cancéreuses et à l'hépatite virale C passé un délai de 5 ans après la fin du protocole et sans rechute. Le législateur retire en revanche de cette disposition les pathologies chroniques.

Jusqu'à présent, les personnes guéries d'un cancer devaient attendre au moins 10 ans pour faire silence sur leur ancienne maladie. En raccourcissant le délai pour bénéficier du droit à l'oubli, le législateur va faciliter l'accession à la propriété à bon nombre de personnes touchées par ces pathologies stigmatisantes quand on veut emprunter.

La suppression du questionnaire médical est elle aussi adoptée, mais son champ d'action est réduit :

  • Le montant de la quotité assurée doit être inférieur à 200 000€.
  • Le crédit doit être remboursé avant 60 ans.

La proposition initiale des sénateurs prévoyait un montant allant jusqu'à 350 000€ pour un terme du crédit au 65ème anniversaire de l'assuré. Exigé lors de la souscription à l'assurance, le questionnaire renseigne l'assureur sur les risques incarnés par le candidat à l'emprunt. L'existence de certaines maladies comme le cancer entraîne des surprimes exorbitantes, voire des exclusions de garanties, qui empêchent souvent d'accéder au crédit immobilier et de concrétiser un projet de vie.

Ce texte adopté en commission mixte paritaire est une immense victoire pour les partisans d’une ouverture effective du marché de l'assurance de prêt. En insufflant davantage de concurrence, le législateur préserve le pouvoir d'achat des ménages emprunteurs, une préoccupation centrale des Français. La future loi est aussi une avancée décisive pour les personnes touchées par la maladie.

Le texte doit être validé pour la forme par l'Assemblée nationale et le Sénat les 10 et 17 février prochain, avant sa promulgation et sa publication au Journal Officiel.

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Assurance de prêt immobilier : forte baisse des tarifs depuis 2020

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La principale raison de cette baisse est l’ouverture du marché grâce à des réformes législatives successives qui ont favorisé la libre concurrence. Dernière en date, la loi Lemoine a simplifié la résiliation et la substitution des contrats d’assurance de prêt immobilier, permettant aux consommateurs de trouver des offres mieux adaptées à leur profil et à des tarifs plus avantageux que le contrat initial. Depuis 2022, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier en cours de prêt à tout moment, sans attendre la date d’échéance autrefois requise par les dispositifs précédents (loi Hamon, amendement Bourquin). Cette opportunité peut être saisie dès le lendemain de la signature de l’offre de crédit pour optimiser les économies potentielles. Les emprunteurs de plus de 45 ans : grands gagnants de la baisse des tarifs L’étude de Magnolia.fr met en lumière que les emprunteurs âgés de 45 ans et plus ont bénéficié de la plus forte réduction tarifaire, avec une baisse moyenne de 35 %. 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Bancassureurs et alternatifs : une concurrence qui tire les prix vers le bas L’essor des assureurs alternatifs a profondément modifié le marché de l’assurance emprunteur. Alors que les banques continuent de proposer des assurances de groupe aux tarifs souvent élevés pour cause de mutualisation, les prestataires spécialisés offrent des contrats sur-mesure, plus compétitifs et mieux adaptés aux besoins individuels. L’application de la loi Lemoine a joué un rôle clé dans cette transformation. La flexibilité accrue permise par la substitution à tout moment a encouragé davantage de consommateurs à comparer les offres et à opter pour des solutions plus avantageuses. À garanties équivalentes, principe obligatoire pour que la banque accepte une offre externe, la délégation de contrat permet de diviser par 2 à 4 le coût d’une assurance emprunteur. Pour un prêt immobilier de 250 000€ sur 20 ans, le gain moyen est estimé entre 5 000€ et 15 000€. Comparer les offres pour optimiser son assurance emprunteur Vous pouvez faire des économies sur votre assurance de prêt immobilier quand vous le souhaitez, en amont comme en aval. Au moment de la souscription du crédit Grâce à la loi Lagarde, les emprunteurs peuvent choisir une assurance externe dès la signature du prêt, à condition que les garanties soient équivalentes à celles proposées par la banque. La délégation d’assurance permet souvent d’obtenir une assurance jusqu’à 60% moins chère. En cours de prêt Il est possible de changer d’assurance emprunteur à tout moment grâce à la loi Lemoine. Vous n’avez aucun préavis à respecter, uniquement le principe d’équivalence de niveau de garanties. Plus tôt vous choisissez une assurance plus avantageuse, plus vous réalisez d’économies sur l’ensemble de la durée du prêt. Un écart de prime de quelques dizaines d’euros par mois peut représenter des milliers d’euros d’économies sur plusieurs années. Négocier son assurance de prêt : premier levier d’économies Beaucoup d’emprunteurs se concentrent uniquement sur le taux d’intérêt de leur prêt, négligeant l’impact du coût de l’assurance. Pourtant, optimiser son assurance emprunteur peut générer des économies encore plus importantes qu’une légère baisse du taux de crédit. Sachez que l’assurance pèse en moyenne un tiers du coût global d’un prêt immobilier, soit la deuxième dépense après les intérêts d’emprunt. Prenons un exemple concret : Critère  Scénario initial  Scénario avec taux d’intérêts réduit Scénario avec taux assurance réduit Scénario combinant taux d’intérêts et taux d’assurance réduits Montant de l’emprunt 250 000 € 250 000 € 250 000 € 250 000 € Durée 20 ans 20 ans 20 ans 20 ans Taux nominal 3,50 % 3,40 % 3,50 % 3,40 % Coût total intérêts 97 976 € 94 901 € 97 976 € 94 901 € Taux assurance 0,34 % 0,34 % 0,16 % 0,16 % Cotisation annuelle assurance 852 € 852 € 396 € 396 € Coût total assurance 17 000 € 17 000 € 7 920 € 7 920 € Économie sur les intérêts - 3 075 € - 3 075 € Économie sur l’assurance - - 9 080 € 9 080 € Économie totale - 3 075 € 9 080 € 12 155 € Ce cas illustre l’importance de comparer et renégocier son assurance de prêt autant, sinon plus, que son taux d’intérêts. Miser uniquement sur la négociation du taux de crédit peut être une erreur si le coût de l’assurance est négligé. Un marché de l’assurance de prêt en pleine mutation au bénéfice des emprunteurs L’évolution du marché de l’assurance emprunteur en 2025 marque une véritable rupture avec les pratiques passées. L’ouverture à la concurrence, soutenue par les évolutions législatives, a permis de tirer les prix vers le bas et d’offrir des conditions plus avantageuses à un plus large panel d’emprunteurs. Comparer les offres via des outils en ligne spécialisés est aujourd’hui un réflexe essentiel pour toute personne souscrivant un crédit immobilier. Avec des écarts de prix significatifs entre les assurances de groupe et les contrats alternatifs, la vigilance et l’anticipation peuvent permettre de réaliser plusieurs milliers d’euros d’économies sur la durée totale d’un prêt. Un avantage non négligeable dans un contexte économique où la maîtrise des coûts est une priorité pour de nombreux ménages.

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Crédit immobilier avril 2025 : déjà la fin de la baisse des taux ?

Depuis le début de l'année 2024, les taux immobiliers ont connu une baisse progressive et constante, partant de 4,50% pour atteindre environ 3,20 % en mars 2025. Pourtant, un retournement de tendance pourrait être imminent, selon plusieurs experts du secteur. En cause, l'évolution des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 10 ans, qui restent autour de 3,5 %, et un contexte économique et géopolitique incertain. L'OAT 10 ans : Un indicateur clé pour les banques L'OAT 10 ans, un emprunt d'État servant de référence pour les taux de crédit immobilier, est un indicateur particulièrement scruté par les établissements bancaires. La corrélation entre l'évolution des OAT et les taux immobiliers est forte. Actuellement, cet indice oscille autour de 3,5 %, ce qui pourrait encourager certaines banques à ajuster leurs taux. En ce début avril, le taux moyen pour un prêt immobilier sur 20 ans se situe autour de 3,20% (hors assurance emprunteur et coût des sûretés). La différence entre l’OAT 10 ans et les taux d’emprunt est à l’avantage de ces derniers, ce qui est un contresens économique (voir plus bas). Si cette tendance haussière de l’OAT 10 ans se confirme, plusieurs établissements pourraient opter pour une hausse modérée, de l'ordre de 10 à 20 points de base. Toutefois, d'autres banques pourraient préférer une stabilisation, notamment en raison d'objectifs commerciaux élevés et de la nécessité d'attirer de nouveaux emprunteurs. Des taux en hausse en avril, mais pas de panique Malgré les premiers signaux de remontée des taux, certains courtiers se veulent rassurants. Comme indiqué plus haut, l’évolution reste contenue à 0,10 voire 0,20 point. Plusieurs facteurs influencent la fixation des taux de crédit, parmi lesquels : Le coût des ressources financières des banques Les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) Les stratégies commerciales des établissements prêteurs. Certaines banques proposent des offres attractives, qui viennent compléter le prêt initial. Par exemple, le Crédit Agricole propose jusqu'en juin un taux réduit à 1,99 % jusqu’à 25 000 € pour le financement d'un premier logement. Le Crédit Mutuel, quant à lui, met en avant un prêt de 30 000 euros à un taux fixe de 0,99 %. LCL accorde à ceux qui achètent dans le neuf un prêt jusqu’à 50 000 € sans intérêts bancaires, cumulable avec le nouveau PTZ, une aubaine pour les primo-accédants à compter d’avril 2025. Rappelons que votre crédit à l'habitat doit être garanti par une assurance de prêt qui rembourse la banque en cas d’aléas de la vie (décès, invalidité, incapacité de travail). L’assurance emprunteur est le premier levier pour diminuer le coût d’un prêt immobilier. Appuyez-vous sur la réglementation pour optimiser cette dépense contrainte. Grâce à la délégation d’assurance emprunteur, vous pouvez économiser des centaines voire des milliers d’euros sur la durée de votre crédit, les offres externes étant jusqu'à 4 fois moins chères que les assurances proposées au sein des banques prêteuses. Quels sont les facteurs à surveiller pour les prochains mois ? Si la stabilisation des taux se profile pour avril, plusieurs éléments pourraient influencer leur évolution à la hausse ou à la baisse à moyen terme. Parmi eux : Le contexte géopolitique : un apaisement du conflit en Ukraine pourrait favoriser une baisse des taux, tandis qu'une intensification des tensions entraînerait une hausse. Les politiques budgétaires européennes : le niveau d'endettement des États, notamment de la France et de l'Allemagne, peut rehausser les taux obligataires et, par ricochet, les taux immobiliers. Les décisions de la BCE : bien que la dernière baisse des taux directeurs du 12 mars soit perçue comme un signal positif, les banques restent prudentes avant d'ajuster massivement leurs offres. Une période d'attentisme avant un possible rebond Pour l'instant, les hausses ne sont ni généralisées ni significatives, et les emprunteurs présentant les meilleurs profils peuvent encore bénéficier de taux attractifs, parfois même sous la barre des 3 %. Cependant, les conditions d'accès au crédit risquent de se durcir dans les mois à venir. Contrairement à certaines idées reçues, les banques ne disposent pas d'un accès illimité aux liquidités de la BCE. Elles doivent se financer sur les marchés financiers, où elles entrent en concurrence avec les emprunts d'État pour attirer les investisseurs. Cette contrainte structurelle explique pourquoi une remontée durable des OAT pourrait inévitablement se répercuter sur les taux immobiliers. Conclusion Les semaines à venir seront déterminantes pour l'évolution des taux de crédit immobilier. Si une stabilisation est attendue à court terme, une reprise progressive des hausses n'est pas à exclure d'ici la fin du premier semestre 2025. Pour les emprunteurs, il peut être judicieux de profiter des conditions actuelles avant une éventuelle remontée plus marquée des taux. Emprunter maintenant !