Mutuelle Senior : réglementer la médecine douce

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Nombreux sont les Français à utiliser des médecines complémentaires dites médecines douces ou alternatives. Les mutuelles proposent une prise en charge variable selon la pratique et sa reconnaissance par les autorités de santé. Facile de se perdre dans la réglementation, pas toujours très claire dans l'encadrement des médecines douces. Que dit la loi pour ces 3 techniques prisées des assurés seniors : acupuncture, chiropraxie et ostéopathie ?

Médecines douces : pas de consensus

En France, une personne sur deux déclare se tourner de plus en plus vers les médecines douces, des pratiques dites aussi médecines naturelles ou alternatives, très diverses tant par les techniques qu'elles emploient que par leurs origines théoriques. Un sondage Harris réalisé en 2019 indique que 71% des Français ont déjà eu recours à l'ostéopathie, la diététique, l'homéopathie ou l'acupuncture. 

Perçues comme étant efficaces pour soigner les petits maux, et utilisées en complément de la médecine allopathique conventionnelle, ces médecines font l'objet pour la plupart d'entre elles de vives controverses de la part de la communauté scientifique en l'absence de preuves étayées de leur efficacité.

Fin 2020 a été créée l'association dite Agence des médecines complémentaires et alternatives (A-MCA), qui ambitionne de promouvoir et de mieux structurer ces pratiques qui n'ont pour l'heure que peu d'assises scientifiques. En mars dernier, plusieurs parlementaires ont déposé une proposition de résolution afin de transformer cette association en "agence gouvernementale d’évaluation des approches complémentaires adaptées et de contrôle des dérives thérapeutiques et des pratiques alternatives". 

Le projet est soutenu par des universitaires et des médecins, mais combattu par des professionnels de la santé qui s'insurgent contre le lobby de ces "pseudo-médecines douteuses et infondées", en mal de légitimité. L'objectif de cette résolution est d'encadrer ces pratiques et de permettre leur intégration sécurisée dans le système de soins afin de "pouvoir répondre à la demande massive des Français" tout en luttant contre les dérives en santé.

Médecines douces : un encadrement partiel

Pourtant, les médecines alternatives font déjà l'objet d'un encadrement au niveau national via l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), la Haute Autorité de Santé (HAS), l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), et au niveau européen via l'Agence européenne des médicaments (EMA). La régulation existe bel et bien, à défaut de validation scientifique.

Dans le droit français, le terme de médecine est à proscrire lorsque la pratique n'a pas apporté scientifiquement les preuves de son efficacité. Le Code de la santé précise que la mise en place d'une thérapeutique ne peut se faire sans un diagnostic préalable, diagnostic que seul un médecin diplômé, ayant les connaissances nécessaires, peut poser. Les médecins et certains professionnels de santé (sage-femmes par exemple) sont autorisés à dispenser une thérapie alternative dès lors qu'ils ont suivi la formation adéquate ayant fait l'objet d'une reconnaissance au sein du Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).

Il est difficile de légitimer une pratique qui n'a pas été validée par des preuves scientifiques. En voici 3 encadrées par un corpus réglementaire car suffisamment d'études cliniques ont démontré un rapport bénéfice/risque positif pour la santé et le bien-être des patients.

Acupuncture : reconnue par un diplôme national

Parmi les nombreuses pratiques dites naturelles (ostéopathie, chiropraxie, méditation, hypnose, mésothérapie, auriculothérapie, lipolyse, homéopathie, biorésonance, phytothérapie, thérapie nutritionnelle, réflexologie, naturopathie, aromathérapie, hypnothérapie, sophrologie, thermalisme psychiatrique, jeûne, massages, qi gong, tai-chi etc.), seule l'acupuncture fait l'objet d'un enseignement donnant lieu à un diplôme national (capacité de médecine d'acupuncture).

La formation pratique d'au moins 110 heures est assurée par des stages en établissements hospitaliers ou extrahospitaliers, en laboratoires de recherche ou d'autres structures figurant sur une liste officielle.

Prescrite par le médecin traitant dans le cadre du parcours de soins coordonnés, la séance d'acupuncture pratiquée par un médecin-acupuncteur conventionné est remboursée par la Sécurité Sociale au taux de 70% sur la base du tarif d'une consultation chez un généraliste de secteur 1. Sans passer par le médecin référent, la séance est remboursée au taux de 30% sur une base tarifaire plus basse. La mutuelle peut compléter le remboursement via le forfait médecines douces.

Ostéopathie et chiropraxie : formation sanctionnée par un diplôme

Seuls les ostéopathes et chiropracteurs titulaires d'un diplôme sanctionnant une formation spécifique peuvent exercer en tant que professionnels. Ce diplôme n'est pas un Diplôme d'État (DO), mais valide le suivi d'une formation officielle en ostéopathie ou en chiropraxie dispensée dans une école agréée par le ministère de la Santé. Malgré cela, l'Assurance Maladie ignore ces deux pratiques dans les prises en charge offertes aux assurés.

Les ostéopathes pratiquent des manipulations osseuses ou musculaires ayant pour but de prévenir ou soulager les troubles fonctionnels qui ne relèvent pas de pathologies nécessitant l'intervention d'un médecin. Les séances d'ostéopathie ne sont pas remboursées par la Sécu, mais peuvent faire l'objet d'une prise en charge complète ou partielle par les mutuelles via le forfait médecines douces.

Le champ d'intervention du chiropracteur est identique à celui de l'ostéopathe, à la différence que ce professionnel des troubles fonctionnels est autorisé à pratiquer des manipulations cervicales sans certificat médical de non contre-indication. Comme pour l'ostéopathie, le seul remboursement possible de la chiropraxie est offert par la mutuelle.

Attention, tous les contrats de complémentaire santé ne proposent pas de prise en charge des médecines douces. Comparez les offres avec votre comparateur Magnolia.fr pour sélectionner la mutuelle adaptée à vos besoins de santé et à votre budget.

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Assurance de prêt immobilier : forte baisse des tarifs depuis 2020

Les primes d’assurance de prêt immobilier connaissent une tendance à la baisse ces dernières années. Contrairement aux autres types d’assurances qui ont vu leurs prix augmenter, et même fortement, l’assurance emprunteur devient financièrement plus accessible. Cette diminution des coûts s’explique notamment par la concurrence accrue entre les banques et les assureurs externes, également par l’évolution de la réglementation en faveur des consommateurs. Qui sont les principaux bénéficiaires de cette baisse ? Comment en tirer le meilleur parti ? Décryptage. Tarifs assurance emprunteur : une baisse moyenne de 27 % sur 5 ans Une étude menée par le comparateur en ligne Magnolia.fr révèle que les prix des assurances emprunteur ont chuté de 27 % en moyenne entre 2020 et 2025. Cette évolution va à contre-courant de la hausse généralisée des autres assurances  (variation sur 10 ans) : +16 % pour les assurances auto +35 % pour l’assurance habitation +50 % pour les mutuelles santé. La principale raison de cette baisse est l’ouverture du marché grâce à des réformes législatives successives qui ont favorisé la libre concurrence. Dernière en date, la loi Lemoine a simplifié la résiliation et la substitution des contrats d’assurance de prêt immobilier, permettant aux consommateurs de trouver des offres mieux adaptées à leur profil et à des tarifs plus avantageux que le contrat initial. Depuis 2022, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier en cours de prêt à tout moment, sans attendre la date d’échéance autrefois requise par les dispositifs précédents (loi Hamon, amendement Bourquin). Cette opportunité peut être saisie dès le lendemain de la signature de l’offre de crédit pour optimiser les économies potentielles. Les emprunteurs de plus de 45 ans : grands gagnants de la baisse des tarifs L’étude de Magnolia.fr met en lumière que les emprunteurs âgés de 45 ans et plus ont bénéficié de la plus forte réduction tarifaire, avec une baisse moyenne de 35 %. Cette tendance s’explique par l’apparition d’offres plus spécifiques chez les assureurs alternatifs, qui permettent aux profils plus âgés d’obtenir des conditions plus favorables. Les personnes présentant un risque aggravé de santé profitent également de ces nouvelles opportunités. Grâce à l’assouplissement des critères et à la suppression du questionnaire médical sous certaines conditions (prêt inférieur ou égal à 200 000€ et remboursé avant le 60e anniversaire de l’emprunteur), elles ont désormais accès à des contrats plus compétitifs sans surprime pour raisons de santé. Les jeunes emprunteurs, âgés de 25 à 40 ans, ne sont pas en reste avec une diminution moyenne des tarifs de 20 %. Déjà avantagés par des primes plus basses grâce à leur profil jugé moins risqué, ils voient l’écart avec les assurances de groupe des banques se creuser davantage en leur faveur. Bancassureurs et alternatifs : une concurrence qui tire les prix vers le bas L’essor des assureurs alternatifs a profondément modifié le marché de l’assurance emprunteur. Alors que les banques continuent de proposer des assurances de groupe aux tarifs souvent élevés pour cause de mutualisation, les prestataires spécialisés offrent des contrats sur-mesure, plus compétitifs et mieux adaptés aux besoins individuels. L’application de la loi Lemoine a joué un rôle clé dans cette transformation. La flexibilité accrue permise par la substitution à tout moment a encouragé davantage de consommateurs à comparer les offres et à opter pour des solutions plus avantageuses. À garanties équivalentes, principe obligatoire pour que la banque accepte une offre externe, la délégation de contrat permet de diviser par 2 à 4 le coût d’une assurance emprunteur. Pour un prêt immobilier de 250 000€ sur 20 ans, le gain moyen est estimé entre 5 000€ et 15 000€. Comparer les offres pour optimiser son assurance emprunteur Vous pouvez faire des économies sur votre assurance de prêt immobilier quand vous le souhaitez, en amont comme en aval. Au moment de la souscription du crédit Grâce à la loi Lagarde, les emprunteurs peuvent choisir une assurance externe dès la signature du prêt, à condition que les garanties soient équivalentes à celles proposées par la banque. La délégation d’assurance permet souvent d’obtenir une assurance jusqu’à 60% moins chère. En cours de prêt Il est possible de changer d’assurance emprunteur à tout moment grâce à la loi Lemoine. Vous n’avez aucun préavis à respecter, uniquement le principe d’équivalence de niveau de garanties. Plus tôt vous choisissez une assurance plus avantageuse, plus vous réalisez d’économies sur l’ensemble de la durée du prêt. Un écart de prime de quelques dizaines d’euros par mois peut représenter des milliers d’euros d’économies sur plusieurs années. Négocier son assurance de prêt : premier levier d’économies Beaucoup d’emprunteurs se concentrent uniquement sur le taux d’intérêt de leur prêt, négligeant l’impact du coût de l’assurance. Pourtant, optimiser son assurance emprunteur peut générer des économies encore plus importantes qu’une légère baisse du taux de crédit. Sachez que l’assurance pèse en moyenne un tiers du coût global d’un prêt immobilier, soit la deuxième dépense après les intérêts d’emprunt. Prenons un exemple concret : Critère  Scénario initial  Scénario avec taux d’intérêts réduit Scénario avec taux assurance réduit Scénario combinant taux d’intérêts et taux d’assurance réduits Montant de l’emprunt 250 000 € 250 000 € 250 000 € 250 000 € Durée 20 ans 20 ans 20 ans 20 ans Taux nominal 3,50 % 3,40 % 3,50 % 3,40 % Coût total intérêts 97 976 € 94 901 € 97 976 € 94 901 € Taux assurance 0,34 % 0,34 % 0,16 % 0,16 % Cotisation annuelle assurance 852 € 852 € 396 € 396 € Coût total assurance 17 000 € 17 000 € 7 920 € 7 920 € Économie sur les intérêts - 3 075 € - 3 075 € Économie sur l’assurance - - 9 080 € 9 080 € Économie totale - 3 075 € 9 080 € 12 155 € Ce cas illustre l’importance de comparer et renégocier son assurance de prêt autant, sinon plus, que son taux d’intérêts. Miser uniquement sur la négociation du taux de crédit peut être une erreur si le coût de l’assurance est négligé. Un marché de l’assurance de prêt en pleine mutation au bénéfice des emprunteurs L’évolution du marché de l’assurance emprunteur en 2025 marque une véritable rupture avec les pratiques passées. L’ouverture à la concurrence, soutenue par les évolutions législatives, a permis de tirer les prix vers le bas et d’offrir des conditions plus avantageuses à un plus large panel d’emprunteurs. Comparer les offres via des outils en ligne spécialisés est aujourd’hui un réflexe essentiel pour toute personne souscrivant un crédit immobilier. Avec des écarts de prix significatifs entre les assurances de groupe et les contrats alternatifs, la vigilance et l’anticipation peuvent permettre de réaliser plusieurs milliers d’euros d’économies sur la durée totale d’un prêt. Un avantage non négligeable dans un contexte économique où la maîtrise des coûts est une priorité pour de nombreux ménages.

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Crédit immobilier avril 2025 : déjà la fin de la baisse des taux ?

Depuis le début de l'année 2024, les taux immobiliers ont connu une baisse progressive et constante, partant de 4,50% pour atteindre environ 3,20 % en mars 2025. Pourtant, un retournement de tendance pourrait être imminent, selon plusieurs experts du secteur. En cause, l'évolution des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 10 ans, qui restent autour de 3,5 %, et un contexte économique et géopolitique incertain. L'OAT 10 ans : Un indicateur clé pour les banques L'OAT 10 ans, un emprunt d'État servant de référence pour les taux de crédit immobilier, est un indicateur particulièrement scruté par les établissements bancaires. La corrélation entre l'évolution des OAT et les taux immobiliers est forte. Actuellement, cet indice oscille autour de 3,5 %, ce qui pourrait encourager certaines banques à ajuster leurs taux. En ce début avril, le taux moyen pour un prêt immobilier sur 20 ans se situe autour de 3,20% (hors assurance emprunteur et coût des sûretés). La différence entre l’OAT 10 ans et les taux d’emprunt est à l’avantage de ces derniers, ce qui est un contresens économique (voir plus bas). Si cette tendance haussière de l’OAT 10 ans se confirme, plusieurs établissements pourraient opter pour une hausse modérée, de l'ordre de 10 à 20 points de base. Toutefois, d'autres banques pourraient préférer une stabilisation, notamment en raison d'objectifs commerciaux élevés et de la nécessité d'attirer de nouveaux emprunteurs. Des taux en hausse en avril, mais pas de panique Malgré les premiers signaux de remontée des taux, certains courtiers se veulent rassurants. Comme indiqué plus haut, l’évolution reste contenue à 0,10 voire 0,20 point. Plusieurs facteurs influencent la fixation des taux de crédit, parmi lesquels : Le coût des ressources financières des banques Les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) Les stratégies commerciales des établissements prêteurs. Certaines banques proposent des offres attractives, qui viennent compléter le prêt initial. Par exemple, le Crédit Agricole propose jusqu'en juin un taux réduit à 1,99 % jusqu’à 25 000 € pour le financement d'un premier logement. Le Crédit Mutuel, quant à lui, met en avant un prêt de 30 000 euros à un taux fixe de 0,99 %. LCL accorde à ceux qui achètent dans le neuf un prêt jusqu’à 50 000 € sans intérêts bancaires, cumulable avec le nouveau PTZ, une aubaine pour les primo-accédants à compter d’avril 2025. Rappelons que votre crédit à l'habitat doit être garanti par une assurance de prêt qui rembourse la banque en cas d’aléas de la vie (décès, invalidité, incapacité de travail). L’assurance emprunteur est le premier levier pour diminuer le coût d’un prêt immobilier. Appuyez-vous sur la réglementation pour optimiser cette dépense contrainte. Grâce à la délégation d’assurance emprunteur, vous pouvez économiser des centaines voire des milliers d’euros sur la durée de votre crédit, les offres externes étant jusqu'à 4 fois moins chères que les assurances proposées au sein des banques prêteuses. Quels sont les facteurs à surveiller pour les prochains mois ? Si la stabilisation des taux se profile pour avril, plusieurs éléments pourraient influencer leur évolution à la hausse ou à la baisse à moyen terme. Parmi eux : Le contexte géopolitique : un apaisement du conflit en Ukraine pourrait favoriser une baisse des taux, tandis qu'une intensification des tensions entraînerait une hausse. Les politiques budgétaires européennes : le niveau d'endettement des États, notamment de la France et de l'Allemagne, peut rehausser les taux obligataires et, par ricochet, les taux immobiliers. Les décisions de la BCE : bien que la dernière baisse des taux directeurs du 12 mars soit perçue comme un signal positif, les banques restent prudentes avant d'ajuster massivement leurs offres. Une période d'attentisme avant un possible rebond Pour l'instant, les hausses ne sont ni généralisées ni significatives, et les emprunteurs présentant les meilleurs profils peuvent encore bénéficier de taux attractifs, parfois même sous la barre des 3 %. Cependant, les conditions d'accès au crédit risquent de se durcir dans les mois à venir. Contrairement à certaines idées reçues, les banques ne disposent pas d'un accès illimité aux liquidités de la BCE. Elles doivent se financer sur les marchés financiers, où elles entrent en concurrence avec les emprunts d'État pour attirer les investisseurs. Cette contrainte structurelle explique pourquoi une remontée durable des OAT pourrait inévitablement se répercuter sur les taux immobiliers. Conclusion Les semaines à venir seront déterminantes pour l'évolution des taux de crédit immobilier. Si une stabilisation est attendue à court terme, une reprise progressive des hausses n'est pas à exclure d'ici la fin du premier semestre 2025. Pour les emprunteurs, il peut être judicieux de profiter des conditions actuelles avant une éventuelle remontée plus marquée des taux. Emprunter maintenant !