Assurance emprunteur : comment réussir le changement de votre contrat ?

Une femme avec un grand sourire et faisant un monocle avec ses doigts

Alors que la résiliation à tout moment de l'assurance de prêt immobilier a passé la première étape parlementaire, nombreux sont les emprunteurs à ignorer qu'ils peuvent changer de formule en cours de crédit. Une lacune qui leur fait perdre dans l'immense majorité des cas de précieuses économies. La législation en place permet de substituer le contrat initial par une offre alternative à couverture au moins équivalente, mais sans accès à une information précise et complète, difficile de faire valoir ce droit. En attendant un dispositif simplifié, qu'on espère effectif dans un peu plus d'un an, voici comment réduire le coût de l'assurance en changeant de contrat.

La délégation d'assurance : le choix du contrat

Depuis 2010, crédit et assurance sont deux produits déliés. En vertu de la loi Lagarde, le prêteur n'a plus le droit d'imposer son contrat d'assurance en couverture du financement qu'il accorde. L'emprunteur est libre de choisir le contrat d'assurance et de faire jouer la concurrence en utilisant les comparateurs spécialisés qui aident les consommateurs dans leur recherche d'une formule adaptée au prix le plus bas.

Ce principe de délégation d'assurance signifie que vous pouvez souscrire un contrat alternatif au contrat bancaire, sous réserve qu'il présente une équivalence de niveau de garanties. Le marché de l'assurance de prêt se divise en effet en deux branches :

  1. les bancassureurs : les établissements de crédit commercialisent des assurances emprunteur via une filiale d’assurance ou en partenariat avec un prestataire. On parle de contrats groupe car ils sont négociés par la banque pour le compte de l'ensemble de ses clients.
  2. les alternatifs : les sociétés d'assurance (généralistes ou spécialisées) et les groupes mutualistes conçoivent et proposent des contrats qu'ils commercialisent en direct ou/et par l'intermédiaire des courtiers. Ces contrats sont individuels et personnalisés, et peuvent s'adapter à chaque situation et chaque profil d'emprunteur.

Ce marché est vaste et très concurrentiel, mais les banques ont la fâcheuse tendance à brimer toute tentative d'aller voir ailleurs, pour la bonne raison que le produit est très rémunérateur, générant des marges bancaires autour de 70%. Les marges de la concurrence sont nettement plus conformes à ce qui se pratique en assurance, entre 20% et 30%. En période de taux d'intérêts au plancher, les banques comptent sur l'assurance crédit pour se rémunérer... et sur l'ignorance du client quant à son droit au libre choix du contrat.

L'information : clef de voûte du libre choix

Lorsque vous faites une demande de crédit immobilier auprès d'une banque, celle-ci doit se soumettre à son devoir d'information et vous transmettre diverses informations dont certaines relatives à l'assurance de prêt. Dès la première simulation de crédit, la banque vous informe de vos droits en matière d'assurance de prêt, doit vous préciser le caractère facultatif ou obligatoire de l'assurance et vous remettre une Fiche Standardisée d'Information (FSI) qui stipule l'ensemble des garanties qu’elle exige pour l'octroi du prêt, accompagné d'un exemple chiffré du coût de l'assurance.

Cette FSI va vous permettre de comparer les offres sur la base des garanties requises par le prêteur. Elle doit contenir les informations suivantes :

  • les garanties proposées : la banque détaille les différentes garanties qu'elle demande pour vous accorder le financement (décès, perte totale et irréversible d'autonomie, invalidité, incapacité, perte d'emploi), ainsi que les caractéristiques précises de ces mêmes garanties et les critères de couverture minimale pour chaque garantie (durée de la couverture, franchise, etc.).
  • la quotité d'assurance : l'assurance doit couvrir 100% du capital emprunté. Pour un crédit à deux, la répartition peut être de 100% sur chaque tête pour une protection optimale, ou inégale en fonction du profil de chaque emprunteur (revenus, risques professionnels ou médicaux), pour une addition des quotités au moins égale à 100%.
  • une estimation personnalisée du coût de l'assurance : le Taux Annuel Effectif Assurance (TAEA) représente le coût total de l'assurance en pourcentage annuel. La FIS mentionne également le coût total sur la durée du crédit, ainsi que le coût mensuel.
  • le droit à la délégation d'assurance : la fiche vous rappelle que vous pouvez souscrire le contrat librement auprès de l'assureur de votre choix.

Les garanties décès et perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA) forment le socle de tout contrat d'assurance de prêt. S'y ajoutent des garanties invalidité et incapacité pour couvrir les arrêts de travail. La garantie perte d'emploi est peu souscrite, même si la crise économique actuelle a renforcé la vigilance des prêteurs quant aux risques accrus de chômage dans certains secteurs sinistrés. La réglementation impose que la banque énumère au plus 11 critères sur les 18 formulés par le Comité Consultatif du Secteur Financier pour les garanties décès/PTIA et invalidité/incapacité, et 4 critères au plus sur les 8 réglementaires pour la couverture perte d'emploi.

La loi autorise de souscrire une assurance externe à la condition sine qua non que la couverture soit a minima aussi protectrice que celle du contrat groupe bancaire. À garanties équivalentes, un contrat externe individualisé peut être jusqu'à 4 fois moins cher que la proposition de la banque.

Cette information fondamentale, votre banque ne vous la donne pas ! Il vous faudra aller la chercher par un exercice de comparaison. Les comparateurs scannent toutes les offres du moment et sélectionnent pour vous, sur la base des informations que vous renseignez, les contrats adaptés à vos caractéristiques personnelles et à votre crédit.

Changer d'assurance en cours de prêt

Les banques détiennent 87% des cotisations annuelles d'assurance de prêt, un chiffre qui témoigne du peu de latitude dont bénéficient les emprunteurs malgré le principe de délégation d'assurance inscrit dans le marbre. Plusieurs raisons expliquent cette position dominante des bancassureurs :

  • ils sont en pôle position pour proposer leur contrat maison, puisque ce sont eux qui distribuent les crédits ;
  • les emprunteurs sont focalisés sur le taux d'intérêt, ignorant pour certains que la délégation est source d'économies importantes ;
  • les banques usent et abusent de pratiques visant à dissuader l'emprunteur d'exercer son droit au libre choix du contrat (manœuvres dilatoires, dénigrement des contrats concurrents, demande indue de documents, refus non motivé).

Insistons sur le fait qu'une assurance déléguée vous permet de réduire le coût de la couverture et par extension, celui de votre crédit immobilier. En souscrivant une offre alternative à garanties équivalentes, vous pouvez économiser plus de 15 000€ sur la durée totale de votre prêt. N’est-ce pas suffisamment incitatif pour faire l’effort de comparer les offres grâce à un comparateur indépendant ? Après les intérêts d'emprunt, l'assurance est la deuxième dépense dans le coût total d'un crédit immobilier et comme les intérêts, elle se négocie.

Le gain potentiel concerne tous les profils d'emprunteurs, quels que soient les risques qu'ils incarnent. Si vous présentez des risques aggravés pour motifs de santé ou professionnels, seule l'assurance alternative peut vous proposer une protection sur-mesure et vous permettre de décrocher votre financement immobilier. Et si vous n'avez pu souscrire de contrat individuel lors de votre demande de prêt, vous avez la possibilité d'en changer une fois les fonds débloqués grâce aux deux dispositifs suivants :

  • la loi Hamon : vous pouvez résilier le contrat d'assurance bancaire à tout moment durant les douze premiers mois au plus tard 15 jours avant la date d'anniversaire de signature de l'offre de prêt.
  • l'amendement Bourquin : au-delà de la première année, vous pouvez substituer le contrat en cours tous les ans en respectant un préavis de deux mois avant la date d'anniversaire.

Toute démarche de résiliation/substitution doit respecter l'équivalence de niveau de garanties entre les deux contrats. La banque ne peut alors vous refuser le bénéfice de la délégation et si elle refuse le contrat alternatif, elle doit obligatoirement vous expliquer pourquoi, dans un délai de 10 jours ouvrés, afin que vous puissiez éventuellement engager une nouvelle demande de substitution.

L'aide précieuse d'un courtier

La banque tire les ficelles pour vous empêcher de souscrire une assurance alternative et se permet de contourner la loi qui, avouons-le, est entachée de lacunes, notamment quant à l'information sur la date retenue pour résilier. Malgré les nombreux et récurrents manquements constatés, peu de sanctions sont appliquées, alors qu'elles sont réglementaires, car il y a peu de contrôles de la part du régulateur.

Seul l'accompagnement d'un expert peut vous permettre de passer tous les obstacles (équivalence de garanties, délai de résiliation/substitution, présentation complète des documents), et de souscrire l'assurance correspondant à votre profil la plus compétitive. Grâce à sa connaissance du marché et des arcanes bancaires, le courtier va vous aider à sélectionner le contrat adapté conforme aux exigences de la banque et négocier à votre place auprès du prêteur.

Vous êtes lassé des démarches administratives ? On vous comprend. Après ce long parcours du combattant pour décrocher à l'arraché le financement de votre projet immobilier, vous n'avez guère envie de repartir pour un marathon de paperasserie. Les économies potentielles doivent faire tilt ! Chez Magnolia.fr, notre équipe s'occupe de toutes les démarches administratives, laissez-vous guider tout au long du parcours, depuis la sélection du contrat jusqu'à la transmission de l'attestation d'assurance à la banque.

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Assurance de prêt immobilier : forte baisse des tarifs depuis 2020

Les primes d’assurance de prêt immobilier connaissent une tendance à la baisse ces dernières années. Contrairement aux autres types d’assurances qui ont vu leurs prix augmenter, et même fortement, l’assurance emprunteur devient financièrement plus accessible. Cette diminution des coûts s’explique notamment par la concurrence accrue entre les banques et les assureurs externes, également par l’évolution de la réglementation en faveur des consommateurs. Qui sont les principaux bénéficiaires de cette baisse ? Comment en tirer le meilleur parti ? Décryptage. Tarifs assurance emprunteur : une baisse moyenne de 27 % sur 5 ans Une étude menée par le comparateur en ligne Magnolia.fr révèle que les prix des assurances emprunteur ont chuté de 27 % en moyenne entre 2020 et 2025. Cette évolution va à contre-courant de la hausse généralisée des autres assurances  (variation sur 10 ans) : +16 % pour les assurances auto +35 % pour l’assurance habitation +50 % pour les mutuelles santé. La principale raison de cette baisse est l’ouverture du marché grâce à des réformes législatives successives qui ont favorisé la libre concurrence. Dernière en date, la loi Lemoine a simplifié la résiliation et la substitution des contrats d’assurance de prêt immobilier, permettant aux consommateurs de trouver des offres mieux adaptées à leur profil et à des tarifs plus avantageux que le contrat initial. Depuis 2022, vous pouvez changer d’assurance de prêt immobilier en cours de prêt à tout moment, sans attendre la date d’échéance autrefois requise par les dispositifs précédents (loi Hamon, amendement Bourquin). Cette opportunité peut être saisie dès le lendemain de la signature de l’offre de crédit pour optimiser les économies potentielles. Les emprunteurs de plus de 45 ans : grands gagnants de la baisse des tarifs L’étude de Magnolia.fr met en lumière que les emprunteurs âgés de 45 ans et plus ont bénéficié de la plus forte réduction tarifaire, avec une baisse moyenne de 35 %. Cette tendance s’explique par l’apparition d’offres plus spécifiques chez les assureurs alternatifs, qui permettent aux profils plus âgés d’obtenir des conditions plus favorables. Les personnes présentant un risque aggravé de santé profitent également de ces nouvelles opportunités. Grâce à l’assouplissement des critères et à la suppression du questionnaire médical sous certaines conditions (prêt inférieur ou égal à 200 000€ et remboursé avant le 60e anniversaire de l’emprunteur), elles ont désormais accès à des contrats plus compétitifs sans surprime pour raisons de santé. Les jeunes emprunteurs, âgés de 25 à 40 ans, ne sont pas en reste avec une diminution moyenne des tarifs de 20 %. Déjà avantagés par des primes plus basses grâce à leur profil jugé moins risqué, ils voient l’écart avec les assurances de groupe des banques se creuser davantage en leur faveur. Bancassureurs et alternatifs : une concurrence qui tire les prix vers le bas L’essor des assureurs alternatifs a profondément modifié le marché de l’assurance emprunteur. Alors que les banques continuent de proposer des assurances de groupe aux tarifs souvent élevés pour cause de mutualisation, les prestataires spécialisés offrent des contrats sur-mesure, plus compétitifs et mieux adaptés aux besoins individuels. L’application de la loi Lemoine a joué un rôle clé dans cette transformation. La flexibilité accrue permise par la substitution à tout moment a encouragé davantage de consommateurs à comparer les offres et à opter pour des solutions plus avantageuses. À garanties équivalentes, principe obligatoire pour que la banque accepte une offre externe, la délégation de contrat permet de diviser par 2 à 4 le coût d’une assurance emprunteur. Pour un prêt immobilier de 250 000€ sur 20 ans, le gain moyen est estimé entre 5 000€ et 15 000€. Comparer les offres pour optimiser son assurance emprunteur Vous pouvez faire des économies sur votre assurance de prêt immobilier quand vous le souhaitez, en amont comme en aval. Au moment de la souscription du crédit Grâce à la loi Lagarde, les emprunteurs peuvent choisir une assurance externe dès la signature du prêt, à condition que les garanties soient équivalentes à celles proposées par la banque. La délégation d’assurance permet souvent d’obtenir une assurance jusqu’à 60% moins chère. En cours de prêt Il est possible de changer d’assurance emprunteur à tout moment grâce à la loi Lemoine. Vous n’avez aucun préavis à respecter, uniquement le principe d’équivalence de niveau de garanties. Plus tôt vous choisissez une assurance plus avantageuse, plus vous réalisez d’économies sur l’ensemble de la durée du prêt. Un écart de prime de quelques dizaines d’euros par mois peut représenter des milliers d’euros d’économies sur plusieurs années. Négocier son assurance de prêt : premier levier d’économies Beaucoup d’emprunteurs se concentrent uniquement sur le taux d’intérêt de leur prêt, négligeant l’impact du coût de l’assurance. Pourtant, optimiser son assurance emprunteur peut générer des économies encore plus importantes qu’une légère baisse du taux de crédit. Sachez que l’assurance pèse en moyenne un tiers du coût global d’un prêt immobilier, soit la deuxième dépense après les intérêts d’emprunt. Prenons un exemple concret : Critère  Scénario initial  Scénario avec taux d’intérêts réduit Scénario avec taux assurance réduit Scénario combinant taux d’intérêts et taux d’assurance réduits Montant de l’emprunt 250 000 € 250 000 € 250 000 € 250 000 € Durée 20 ans 20 ans 20 ans 20 ans Taux nominal 3,50 % 3,40 % 3,50 % 3,40 % Coût total intérêts 97 976 € 94 901 € 97 976 € 94 901 € Taux assurance 0,34 % 0,34 % 0,16 % 0,16 % Cotisation annuelle assurance 852 € 852 € 396 € 396 € Coût total assurance 17 000 € 17 000 € 7 920 € 7 920 € Économie sur les intérêts - 3 075 € - 3 075 € Économie sur l’assurance - - 9 080 € 9 080 € Économie totale - 3 075 € 9 080 € 12 155 € Ce cas illustre l’importance de comparer et renégocier son assurance de prêt autant, sinon plus, que son taux d’intérêts. Miser uniquement sur la négociation du taux de crédit peut être une erreur si le coût de l’assurance est négligé. Un marché de l’assurance de prêt en pleine mutation au bénéfice des emprunteurs L’évolution du marché de l’assurance emprunteur en 2025 marque une véritable rupture avec les pratiques passées. L’ouverture à la concurrence, soutenue par les évolutions législatives, a permis de tirer les prix vers le bas et d’offrir des conditions plus avantageuses à un plus large panel d’emprunteurs. Comparer les offres via des outils en ligne spécialisés est aujourd’hui un réflexe essentiel pour toute personne souscrivant un crédit immobilier. Avec des écarts de prix significatifs entre les assurances de groupe et les contrats alternatifs, la vigilance et l’anticipation peuvent permettre de réaliser plusieurs milliers d’euros d’économies sur la durée totale d’un prêt. Un avantage non négligeable dans un contexte économique où la maîtrise des coûts est une priorité pour de nombreux ménages.

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Crédit immobilier avril 2025 : déjà la fin de la baisse des taux ?

Depuis le début de l'année 2024, les taux immobiliers ont connu une baisse progressive et constante, partant de 4,50% pour atteindre environ 3,20 % en mars 2025. Pourtant, un retournement de tendance pourrait être imminent, selon plusieurs experts du secteur. En cause, l'évolution des Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 10 ans, qui restent autour de 3,5 %, et un contexte économique et géopolitique incertain. L'OAT 10 ans : Un indicateur clé pour les banques L'OAT 10 ans, un emprunt d'État servant de référence pour les taux de crédit immobilier, est un indicateur particulièrement scruté par les établissements bancaires. La corrélation entre l'évolution des OAT et les taux immobiliers est forte. Actuellement, cet indice oscille autour de 3,5 %, ce qui pourrait encourager certaines banques à ajuster leurs taux. En ce début avril, le taux moyen pour un prêt immobilier sur 20 ans se situe autour de 3,20% (hors assurance emprunteur et coût des sûretés). La différence entre l’OAT 10 ans et les taux d’emprunt est à l’avantage de ces derniers, ce qui est un contresens économique (voir plus bas). Si cette tendance haussière de l’OAT 10 ans se confirme, plusieurs établissements pourraient opter pour une hausse modérée, de l'ordre de 10 à 20 points de base. Toutefois, d'autres banques pourraient préférer une stabilisation, notamment en raison d'objectifs commerciaux élevés et de la nécessité d'attirer de nouveaux emprunteurs. Des taux en hausse en avril, mais pas de panique Malgré les premiers signaux de remontée des taux, certains courtiers se veulent rassurants. Comme indiqué plus haut, l’évolution reste contenue à 0,10 voire 0,20 point. Plusieurs facteurs influencent la fixation des taux de crédit, parmi lesquels : Le coût des ressources financières des banques Les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne (BCE) Les stratégies commerciales des établissements prêteurs. Certaines banques proposent des offres attractives, qui viennent compléter le prêt initial. Par exemple, le Crédit Agricole propose jusqu'en juin un taux réduit à 1,99 % jusqu’à 25 000 € pour le financement d'un premier logement. Le Crédit Mutuel, quant à lui, met en avant un prêt de 30 000 euros à un taux fixe de 0,99 %. LCL accorde à ceux qui achètent dans le neuf un prêt jusqu’à 50 000 € sans intérêts bancaires, cumulable avec le nouveau PTZ, une aubaine pour les primo-accédants à compter d’avril 2025. Rappelons que votre crédit à l'habitat doit être garanti par une assurance de prêt qui rembourse la banque en cas d’aléas de la vie (décès, invalidité, incapacité de travail). L’assurance emprunteur est le premier levier pour diminuer le coût d’un prêt immobilier. Appuyez-vous sur la réglementation pour optimiser cette dépense contrainte. Grâce à la délégation d’assurance emprunteur, vous pouvez économiser des centaines voire des milliers d’euros sur la durée de votre crédit, les offres externes étant jusqu'à 4 fois moins chères que les assurances proposées au sein des banques prêteuses. Quels sont les facteurs à surveiller pour les prochains mois ? Si la stabilisation des taux se profile pour avril, plusieurs éléments pourraient influencer leur évolution à la hausse ou à la baisse à moyen terme. Parmi eux : Le contexte géopolitique : un apaisement du conflit en Ukraine pourrait favoriser une baisse des taux, tandis qu'une intensification des tensions entraînerait une hausse. Les politiques budgétaires européennes : le niveau d'endettement des États, notamment de la France et de l'Allemagne, peut rehausser les taux obligataires et, par ricochet, les taux immobiliers. Les décisions de la BCE : bien que la dernière baisse des taux directeurs du 12 mars soit perçue comme un signal positif, les banques restent prudentes avant d'ajuster massivement leurs offres. Une période d'attentisme avant un possible rebond Pour l'instant, les hausses ne sont ni généralisées ni significatives, et les emprunteurs présentant les meilleurs profils peuvent encore bénéficier de taux attractifs, parfois même sous la barre des 3 %. Cependant, les conditions d'accès au crédit risquent de se durcir dans les mois à venir. Contrairement à certaines idées reçues, les banques ne disposent pas d'un accès illimité aux liquidités de la BCE. Elles doivent se financer sur les marchés financiers, où elles entrent en concurrence avec les emprunts d'État pour attirer les investisseurs. Cette contrainte structurelle explique pourquoi une remontée durable des OAT pourrait inévitablement se répercuter sur les taux immobiliers. Conclusion Les semaines à venir seront déterminantes pour l'évolution des taux de crédit immobilier. Si une stabilisation est attendue à court terme, une reprise progressive des hausses n'est pas à exclure d'ici la fin du premier semestre 2025. Pour les emprunteurs, il peut être judicieux de profiter des conditions actuelles avant une éventuelle remontée plus marquée des taux. Emprunter maintenant !