Les risques de perte en capital sur un PER


Investir dans un Plan d'Épargne Retraite (PER) est une solution intéressante pour préparer sa retraite et bénéficier d’avantages fiscaux. Cependant, lorsque vous investissez dans un PER, il arrive que votre capital n'est pas totalement garanti. En effet, le PER repose sur des supports d’investissement qui varient en fonction de leur niveau de risque et de rendement. Certains sont plus sécurisés, tandis que d’autres, sont soumis aux fluctuations des marchés financiers.


Quels sont les différents types de supports d'investissement du PER ?

Les supports d'investissements sont les différents produits financiers dans lesquels votre épargne est placée au sein de votre Plan d'Épargne Retraite (PER). Ils déterminent la manière dont votre capital évolue et se répartissent principalement en deux catégories.

Les fonds en euros

  • Sécurité et garantie du capital :
    Les fonds en euros offrent une garantie sur le capital investi. Cela signifie que, même en cas de baisse des marchés, vous ne perdrez pas l’argent placé dans ce type de support.
  • Rendement modéré :
    En échange de cette sécurité, le rendement proposé est généralement plus faible. Les assureurs investissent principalement dans des actifs peu risqués comme les fonds d'États, ce qui limite les gains potentiels.

Les unités de compte (UC)

  • Diversification et potentiel de rendement :
    Les unités de compte permettent d’investir dans divers actifs (actions, obligations, immobilier, bourses, ETF, etc.). Cette diversification offre la possibilité de réaliser des rendements plus élevés si les marchés sont favorables.
  • Risque de fluctuation :
    Contrairement aux fonds en euros, les UC ne garantissent pas le capital. Leur valeur fluctue en fonction des performances des actifs sous-jacents et des conditions du marché. En période de turbulences, la valeur de ces supports peut diminuer.

Quel type de PER présente un risque de perte en capital ?

Le risque de perte en capital survient essentiellement lorsque votre PER comporte une part importante d’unités de compte. Contrairement aux fonds en euros, les UC fluctuent avec les marchés. Ainsi, lors de périodes de turbulences économiques ou de baisse généralisée des marchés financiers, la valeur de votre épargne peut diminuer. 

De plus, certains frais, comme ceux liés à l’arbitrage, viennent réduire encore davantage le rendement net de votre contrat. Les frais d’arbitrage sont des frais prélevés chaque fois que vous modifiez la répartition de vos investissements dans votre PER. Concrètement, si vous décidez de transférer une partie de votre épargne d’un support à un autre (par exemple, du fonds en euros vers des unités de compte ou inversement), votre établissement financier facture des frais pour couvrir les coûts administratifs et opérationnels de cette réallocation. Ces frais sont généralement calculés en pourcentage du montant arbitré. Ainsi, plus le montant transféré est élevé, plus les frais seront importants. De plus, des arbitrages fréquents peuvent, à la longue, réduire sensiblement le rendement net de votre contrat.

PER assurantiel vs PER bancaire : lequel est sujet à la perte de capital ?

Il existe deux grandes catégories de PER : le PER assurantiel ou le PER bancaire. Ils se distinguent notamment par la nature des supports d'investissement proposés.

Le PER assurantiel

Proposé par les compagnies d'assurance, le PER assurantiel offre généralement un panel diversifié comprenant à la fois des fonds en euros et des unités de compte (UC). Les fonds en euros garantissent le capital investi, tandis que les UC permettent d'accéder à des rendements potentiellement plus élevés. Cette diversification permet d'adapter l'allocation en fonction de votre profil d'épargnant :

  • Pour les profils prudents : Il est possible d'opter pour une allocation majoritairement, voire exclusivement, en fonds en euros afin de sécuriser le capital, même si cela se traduit par un rendement plus modeste.
  • Pour les profils équilibrés ou dynamiques : L'inclusion d'unités de compte offre la possibilité de viser des rendements plus importants, tout en acceptant une exposition aux fluctuations des marchés financiers.

Le PER bancaire

Proposé par les banques, le PER bancaire offre un accès direct aux marchés financiers en permettant, par exemple, d’acquérir des actions en direct et d’investir dans des actifs plus risqués. Ce type de PER se concentre uniquement sur des unités de compte. Ces UC, dont la rémunération évolue au gré des fluctuations du marché boursier, présentent un potentiel de rendement supérieur à celui des fonds en euros, mais comportent également un risque de perte en capital.

Quel PER choisir pour ne pas perdre son capital ?

Le risque de perte en capital n'est pas l'apanage d'un seul type de PER. Que vous optiez pour un PER assurantiel ou un PER bancaire, c'est la présence et la part des unités de compte dans votre allocation qui déterminent principalement ce risque. Pour une approche sécurisée, vous pouvez choisir d'investir uniquement dans des fonds en euros, bien que cela se traduise par des rendements plus faibles. L'important est d'adapter votre stratégie d'investissement à votre profil et à vos objectifs de rendement, en équilibrant la sécurité et le potentiel de croissance.

Pourquoi un PER peut-il entraîner une perte en capital ?

Une exposition aux fluctuations des marchés

Un PER investi en unités de compte (UC) est soumis aux variations des marchés financiers. En cas de baisse des actions, des obligations ou d’autres actifs sous-jacents, la valeur de votre épargne peut diminuer. Contrairement aux fonds en euros, qui garantissent le capital investi, les UC offrent un potentiel de rendement plus élevé, mais avec un risque de perte en capital.

L’impact de la gestion du risque

  • Une mauvaise allocation des actifs peut amplifier les pertes. Un portefeuille trop risqué peut subir de fortes variations, tandis qu’un portefeuille trop sécurisé peut générer des rendements insuffisants.
  • Une mauvaise diversification peut aussi être problématique. Si vos investissements sont concentrés sur un seul secteur ou une seule zone géographique, votre épargne est plus vulnérable aux crises économiques spécifiques.
  • Un mauvais timing d’investissement peut entraîner des pertes temporaires. Par exemple, investir une grosse somme au moment où les marchés sont au plus haut peut conduire à une baisse de valeur en cas de correction.

Le poids des frais dans la performance

Les frais appliqués à votre PER peuvent considérablement impacter sa rentabilité. Parmi eux :

  • Frais de gestion : prélevés chaque année sur votre encours.
  • Frais d’arbitrage : appliqués lors du changement de supports d’investissement.
  • Frais de versement : pouvant réduire le montant réellement investi.
  • Frais de transfert : si vous changez d’établissement, des frais peuvent s’appliquer.

L’accumulation de ces frais réduit la performance nette de votre contrat et peut accentuer le risque de perte en capital.

L’impact de l’inflation sur votre épargne

Même si votre PER ne subit pas de baisse apparente, cela ne signifie pas qu’il ne vous fait pas perdre d’argent. Si le rendement de votre contrat est inférieur au taux d’inflation, votre pouvoir d’achat diminue.

Exemple : Si votre PER affiche une performance de 3% alors que l’inflation est de 5%, votre rendement réel est négatif (-2%).

Comment limiter le risque de perte en capital ?

Pour maîtriser le risque de perte, plusieurs stratégies peuvent être mises en œuvre :

  • Diversifier vos investissements :
Répartissez votre épargne entre des supports sécurisés (fonds en euros) et des unités de compte. La diversification permet de réduire l’impact des fluctuations d’un seul type d’actif.
  • Privilégier un investissement progressif :

Plutôt que d’investir une grosse somme en une seule fois, privilégiez des versements réguliers. Cela permet de lisser l’exposition aux fluctuations du marché et d’éviter d’investir uniquement à un point haut.

  • Adapter votre allocation en fonction de votre horizon de retraite :
À mesure que la retraite approche, il est judicieux d’augmenter la part des investissements sécurisés pour protéger votre capital.
  • Opter pour une gestion pilotée :
Confier la gestion de votre PER à des professionnels permet d’ajuster régulièrement l’allocation des actifs selon l’évolution de votre profil de risque et des marchés.
  • Vérifier et négocier les frais :
Les frais de gestion et d’arbitrage peuvent considérablement affecter votre rendement. Comparez les offres et, le cas échéant, négociez ces frais avec votre établissement.
  • Suivre l’évolution des marchés :
Une bonne compréhension des cycles économiques vous aidera à mieux anticiper les périodes de baisse et à réajuster votre stratégie en conséquence.

Que faire en cas de baisse de votre capital PER ?

Lorsque la valeur de votre PER diminue, plusieurs stratégies peuvent être envisagées pour limiter l’impact sur votre épargne :

  • Arbitrer vos investissements :
Réévaluer la répartition de vos actifs peut être une solution efficace. Vous pouvez réallouer une partie de vos fonds vers des supports plus performants ou moins risqués, voire filtrer vos unités de compte pour choisir des gérants de fonds offrant de meilleures performances nettes de frais. Cette opération d’arbitrage, en cas de baisse temporaire, peut contribuer à compenser les pertes, à condition de bien maîtriser l’impact des frais liés à ces changements.
  • Négocier ou changer d’établissement bancaire :
Si votre banque applique des frais élevés ou propose un choix limité de supports d’investissement, commencez par négocier ces frais avec votre conseiller. Les établissements traditionnels offrent souvent une marge de négociation, surtout si vous détenez plusieurs produits chez eux. Si ces négociations n’aboutissent pas, envisagez de transférer votre PER vers un nouvel établissement proposant des conditions plus compétitives, notamment via les PER en ligne qui affichent généralement des frais réduits. Cette démarche, rendue possible par la loi Pacte, nécessite toutefois une analyse approfondie pour vérifier que le transfert est bénéfique, en prenant en compte les éventuels frais de transfert et délais de traitement.
  • Choisir de meilleurs supports d’investissement :
Le PER offre la possibilité d’investir dans une large gamme de supports. Pour améliorer la performance de votre contrat, il est essentiel de choisir des supports correspondant à votre profil d’investisseur (prudent, équilibré ou dynamique) et à vos objectifs. Diversifier votre portefeuille en intégrant davantage d’unités de compte, ou en optant pour une gestion pilotée qui ajuste automatiquement l’allocation en fonction de l’évolution des marchés, peut vous permettre d’obtenir un meilleur couple rendement/risque.
  • Attendre une reprise des marchés :
La volatilité est inhérente aux investissements en unités de compte. Si votre horizon de placement est long, il peut être judicieux de conserver vos investissements en l’état et d’attendre une reprise des marchés. Toutefois, si certains secteurs ou zones géographiques continuent de sous-performer en raison de conditions économiques défavorables, il peut être pertinent de réallouer votre capital vers des thématiques d’investissement plus prometteuses.
  • Se faire accompagner par un conseiller :

Faire appel à un conseiller en gestion de patrimoine peut être une bonne solution. Ce professionnel pourra vous aider à comprendre les risques associés à votre PER et à mettre en place une stratégie adaptée à votre situation.

Comment connaître le rendement réel de son PER ?

Même si votre PER affiche une performance stable, voire une légère hausse, cela ne signifie pas nécessairement que votre épargne progresse réellement. En effet, sans tenir compte de l’inflation, vous risquez de surestimer le gain effectif de votre placement. 

Pour obtenir le rendement réel de votre PER, il faut déduire du rendement nominal le taux d’inflation. Par exemple, si votre PER a généré une performance de 8 % en 2024 mais que l’inflation a atteint 5,9 %, le gain net, avant impôts et prélèvements sociaux, ne sera que de 2,1 %. Ce calcul est essentiel pour déterminer si la valeur réelle de votre épargne augmente ou si, malgré des chiffres encourageants, le pouvoir d’achat de votre capital diminue.

Pour un profil prudent, où environ 70 % du capital est investi dans des fonds en euros, le rendement moyen théorique se situe autour de 2 % par an. Cette approche privilégie la préservation du capital et limite la volatilité.

Pour un profil équilibré, avec une répartition de 50 % dans les fonds en euros et 50 % dans les unités de compte, le rendement théorique moyen atteint environ 4,5 % par an. Ce compromis permet de bénéficier de la sécurité des fonds en euros tout en profitant du potentiel de croissance offert par les unités de compte.

Enfin, pour un profil dynamique, qui mise essentiellement sur les unités de compte, le rendement moyen théorique peut s'élever à environ 7,5 % par an. Cette stratégie vise un potentiel de rendement accru, tout en acceptant un risque de perte plus élevé.

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