La gestion libre du PER : maîtrisez votre épargne retraite
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) est une alternative intéressante pour épargner sur le long terme et préparer sa retraite. Depuis la loi Pacte, ce plan succède aux anciens dispositifs comme l’article 83, le contrat Madelin et le PERP. La souscription à un PER permet aux épargnants de bénéficier d'une fiscalité avantageuse et de constituer un capital grâce à des versements réguliers. Pour gérer leur épargne, beaucoup d’épargnants font appel à des professionnels via la gestion pilotée.
Cependant, plusieurs souscripteurs préfèrent la gestion libre. Elle permet, en effet, aux titulaires du plan de moduler leurs placements eux-mêmes selon leurs objectifs et leur profil d’investisseur. En choisissant leurs supports d’investissement, qu'il s'agisse de fonds en euros ou de supports en unités de compte, ils peuvent diversifier leur épargne selon leur horizon de placement. Cependant, une bonne maîtrise des marchés financiers s’avère indispensable pour ce choix, car il comporte un risque de perte en capital. Il est vrai qu’il peut être lucratif, mais est-ce vraiment justifié ? Les détails dans cet article.
Qu’est-ce que la gestion libre du PER ?
La gestion libre d’un Plan d’Épargne Retraite (PER) permet au souscripteur de prendre lui-même les rênes de son contrat, sans recourir à une gestion sous mandat ou une gestion profilée. Cette approche repose ainsi sur une autonomie totale dans la gestion des fonds, et donne par conséquent une liberté complète dans le choix des supports d'investissement.
Pourtant, cela impose une maîtrise pointue des mécanismes des marchés financiers et immobiliers, ainsi qu'une bonne compréhension des différents profils de gestion et de la prise de risque associée. En l’absence de cette expertise, des erreurs peuvent survenir, entraînant ainsi des pertes potentielles de l’épargne accumulée.
Par conséquent, la gestion libre ne convient pas à tous, surtout à ceux qui ne disposent pas du temps ni des compétences nécessaires pour suivre les fluctuations des marchés. En effet, ce choix implique une bonne compréhension de la volatilité des placements et des dynamiques du marché.
Bien que séduisante pour ceux qui recherchent l’autonomie, cette option reste marginale. En réalité, elle demande une grande compétence dans l’art des stratégies d’investissement, comme dans la gestion d'une assurance vie multisupport.
Une fois que vous optez pour la gestion libre, il est important de prévenir l’assureur. Une fois cette décision prise, l’épargnant devient en effet le seul responsable de son épargne. Ce choix entraîne par ailleurs une implication personnelle conséquente, en termes de temps et d’effort, pour gérer et surveiller les placements choisis.
Gérer librement les supports de placement
L’un des principaux avantages de la gestion libre réside dans le fait que l’épargnant décide seul des supports financiers sur lesquels investir. Ainsi, l’investisseur qui choisit ce mode de gestion doit sélectionner et répartir lui-même son capital sur divers supports financiers :
- Les fonds en euros sont connus pour être stables. Leurs rendements, bien que souvent modestes, permettent néanmoins d’éviter les pertes, et tout gain généré est réinvesti pour accroître le capital initial. Ce type de placement s’appuie sur des actifs à faible risque, tels que les obligations d’État. De plus, certains assureurs proposent des versions « boostées » des fonds en euros, incluant des actifs immobiliers ou des actions. Ils promettent un rendement plus ambitieux, mais incluent aussi un risque de diminution du capital.
- Les unités de compte rassemblent de nombreux actifs non garantis. Il s’agit notamment de certains types de fonds communs de placement (FCP), de SICAV, d'OPCVM, et de divers titres financiers. Leur performance est associée aux mouvements des marchés immobiliers et financiers. Ces actifs rapportent des plus-values supérieures aux fonds en euros. Toutefois, avant d’y souscrire, sachez qu’ils sont également plus volatils, ce qui les rend plus adaptés à une stratégie d’investissement à long terme.
Pour alimenter ces différents supports, en tant que seul gestionnaire, l’épargnant doit effectuer des versements volontaires sur son PER. Ces versements sont, en outre, déductibles des revenus imposables, sous certaines conditions et dans les limites d’un plafond qui dépend de sa situation professionnelle. Les frais de gestion associés aux différents supports doivent également être pris en compte, car ils peuvent impacter le rendement global de l’épargne.
Connaissez-vous votre propre profil de risque ?
De manière générale, la gestion libre du PER attire les investisseurs expérimentés et passionnés, qui souhaitent contrôler leur stratégie d’investissement. En effet, ces épargnants suivent de près les actualités financières et peuvent même suivre des formations pour optimiser leurs placements. Ils apprécient l’autonomie que leur offre ce mode de gestion, car celui-ci leur permet de répartir leurs actifs sur divers supports, en fonction de leur propre analyse des marchés.
Néanmoins, avant toute prise de décision, il est essentiel d'identifier votre profil d’investisseur :
- Le profil dynamique, le plus risqué, est adapté aux épargnants qui cherchent des rendements élevés en acceptant une forte volatilité. Ils investissent majoritairement dans des actifs financiers tels que les actions, les ETF (trackers) ou les SCPI, espérant ainsi faire fructifier leur capital.
- Les profils équilibrés, quant à eux, combinent sécurité et risque mesuré, en ajustant la proportion de placements risqués à mesure que la retraite approche. Ils diversifient leur épargne entre fonds en euros et unités de compte pour optimiser le rapport rendement/risque.
- Les profils prudents préfèrent la sécurité, en privilégiant les fonds en euros ou d’autres placements à faible risque. Leur objectif principal est la préservation du capital investi, même si les rendements sont plus modestes.
Pourquoi est-il intéressant d’adopter la gestion libre du PER ?
La gestion libre expose le titulaire du PER à des risques importants, notamment en raison du caractère volatile des marchés financiers. Pour minimiser ces risques, il est possible d’effectuer des arbitrages, c’est-à-dire de transférer des fonds d’un support à un autre au sein du même plan.
Cette opération permet, en effet, de sécuriser ou de dynamiser l’épargne en fonction des objectifs et de la situation du marché. Si vous gérez seul votre PER, l’arbitrage peut s’avérer utile dans plusieurs situations.
Par exemple, avec l’âge ou en raison de changements personnels, une approche plus conservatrice peut amener un épargnant à adopter un changement de profil de risque. De même, si les performances de certains supports deviennent décevantes, un rééquilibrage automatique du portefeuille permet de retrouver une allocation plus conforme aux objectifs initiaux.
L’arbitrage présente, par ailleurs, plusieurs avantages pour les adeptes de la gestion libre du PER. Il permet notamment d’ajuster la stratégie d’investissement sans avoir à clôturer le plan. En équilibrant mieux les fonds, vous pouvez ainsi rehausser les résultats du PER. De plus, il permet de diversifier les investissements, ce qui réduit ainsi les risques tout en tirant parti des opportunités du marché.
Par conséquent, pour ceux qui choisissent la gestion libre, il est important de suivre régulièrement les marchés et d’être prêt à effectuer des ajustements en fonction de l’évolution de la situation économique. Cette approche exige une implication constante, mais elle offre également la possibilité de maximiser les rendements tout en conservant un contrôle total sur son épargne retraite.
Les avantages fiscaux liés au PER en gestion libre
Un autre aspect intéressant du PER en gestion libre concerne les avantages fiscaux. Les sommes versées sur le PER sont déductibles du revenu imposable, dans la limite des plafonds légaux. Cette déduction fiscale peut représenter une économie d’impôt significative pour les épargnants. De plus, les gains réalisés au sein du PER ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu ni aux prélèvements sociaux tant qu'ils restent investis, favorisant ainsi la capitalisation des intérêts.
Au moment de la retraite, le capital accumulé peut être récupéré sous forme de rente viagère ou de capital, chaque option ayant ses propres implications fiscales. Il est donc crucial de bien planifier la sortie du PER pour optimiser la fiscalité.
À retenir : Le titulaire d’un PER a la possibilité de moduler son mode de gestion. Rien ne l’empêche, par la suite, d’adopter la gestion libre s’il en ressent le besoin. Cette flexibilité permet à l'épargnant d'ajuster sa stratégie en fonction de l'évolution de sa situation personnelle et de ses objectifs financiers. |
La gestion libre du PER offre une grande autonomie et la possibilité de personnaliser son épargne retraite. Cependant, elle nécessite une solide connaissance des marchés financiers et une implication personnelle importante. Avant de vous lancer, évaluez votre profil d’investisseur, votre horizon de placement et votre tolérance au risque. N'hésitez pas à consulter un conseiller en gestion de patrimoine pour vous accompagner dans vos choix.
En optant pour la gestion libre, vous prenez en main votre avenir financier, avec la possibilité de faire fructifier votre épargne tout en bénéficiant des avantages fiscaux du PER. C'est une opportunité pour ceux qui souhaitent allier liberté de gestion et optimisation de leur retraite.
Les différents modes de gestion pour votre PER
En plus de la gestion libre, où vous gérez vous-même vos placements en choisissant vos supports d'investissement ce qui nécessite une bonne connaissance des marchés financiers, il existe plusieurs autres options pour gérer votre PER :
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La gestion pilotée : vous déléguez la gestion de votre épargne à un professionnel qui sélectionne et ajuste les investissements en fonction de votre profil et de vos objectifs. Cette option convient particulièrement à ceux qui souhaitent gagner du temps ou qui ne se sentent pas à l'aise avec la gestion financière.
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La gestion sous mandat : similaire à la gestion pilotée, elle offre un niveau de personnalisation encore plus élevé. Le gestionnaire agit en votre nom selon des directives précises, mais cette approche peut entraîner des frais plus importants.
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La gestion profilée : ici, vous choisissez parmi des profils d'investissement prédéfinis (prudent, équilibré, dynamique), et les placements sont effectués en fonction du profil sélectionné, sans que vous ayez à intervenir dans le choix des supports spécifiques.
Chaque option a ses propres avantages et inconvénients. Le choix du mode de gestion le plus adapté dépend de votre expérience en investissement, du temps que vous pouvez consacrer à la gestion de votre épargne et de vos objectifs financiers à long terme.