Prêt sans assurance de prêt : est-ce possible ?
La souscription à une assurance emprunteur ne revêt aucun caractère obligatoire d’un point de vue légal. Dans les faits, il est difficile d’emprunter pour financer un achat immobilier sans cette garantie. Magnolia.fr vous explique dans quels cas l’assurance est refusée et détaille les alternatives pour financer un projet immobilier sans assurance de prêt.
Est-ce obligatoire d'avoir une assurance de prêt ?
L'assurance emprunteur représente une part significative du coût total d'un crédit immobilier, soit en moyenne un tiers du coût final. Face à cette charge financière supplémentaire, de nombreux emprunteurs se demandent s'il est envisageable de contracter un prêt sans assurance. Cette question mérite une analyse approfondie, car si l'assurance de prêt n'est pas légalement obligatoire, elle reste généralement exigée par les établissements bancaires.
Le cadre légal de l'assurance emprunteur
Contrairement à une idée répandue, la loi française ne rend pas l'assurance emprunteur obligatoire pour les prêts immobiliers ni pour aucun autre crédit bancaire. Aucun texte législatif n'impose formellement la souscription d'une assurance de prêt. Il s'agit d'une pratique bancaire courante, mais non d'une obligation légale stricto sensu.
Les lois qui encadrent l’assurance emprunteur (loi Lagarde de 2010, la loi Hamon de 2014, la loi Bourquin de 2018 et la loi Lemoine de 2022) ont toutes visé à améliorer les droits des consommateurs concernant l'assurance emprunteur, sans jamais la rendre obligatoire. Cette liberté théorique est toutefois limitée par les politiques des établissements prêteurs.
La position des banques face à l'assurance emprunteur
Si l'assurance n'est pas légalement obligatoire, la réalité du marché bancaire est différente. Les établissements prêteurs considèrent généralement l'assurance emprunteur comme une garantie essentielle qui protège à la fois leurs intérêts et ceux de l'emprunteur.
La plupart des banques conditionnent donc l'octroi d'un prêt immobilier à la souscription d'une assurance couvrant au minimum le risque de décès et de perte totale d’autonomie. Cette exigence fait partie de leur politique de gestion des risques et constitue un élément décisif dans l'évaluation d'un dossier de prêt.
Les garanties minimales généralement exigées
Pour un prêt immobilier, les banques requièrent habituellement une couverture minimale incluant :
- la garantie décès
- la garantie Perte Totale et Irréversible d'Autonomie (PTIA)
- souvent, la garantie Incapacité Temporaire Totale de Travail (ITT)
Cette couverture socle est généralement complétée par les garanties Invalidité Permanente Totale (IPT) et Invalidité Permanente Partielle (IPP) qui interviennent si l’emprunteur n’est pas en mesure de reprendre son activité professionnelle rémunérée après un arrêt de travail prolongé.
Le niveau de couverture exigé varie selon le profil de l'emprunteur, le montant et la durée du prêt. Plus le montant emprunté est important et la durée longue, plus les garanties demandées seront étendues.
Le niveau de garanties est une prérogative de la banque : elle seule détermine les garanties nécessaires pour l’octroi du financement et les détaille dans la fiche standardisée d’information et la fiche personnalisée qui sont remises à l’emprunteur.
Différences selon les types de prêts
L'exigence d'assurance varie considérablement selon la nature du crédit :
- Prêt immobilier : Bien que non légalement obligatoire, l'assurance est presque systématiquement exigée par les banques.
- Crédit à la consommation : L'assurance est généralement facultative, même si elle est fortement proposée. Elle peut être imposée pour des gros montants (maximum 75 000€).
- Prêt professionnel : L'assurance est souvent requise, particulièrement pour protéger l'activité en cas de problème affectant le dirigeant.
- Prêt étudiant : L'assurance est rarement obligatoire, compte tenu des montants généralement plus modestes.
La banque peut-elle accorder un prêt sans assurance de prêt ?
L'autonomie décisionnelle des établissements bancaires
Légalement, chaque établissement bancaire dispose d'une liberté contractuelle lui permettant de définir ses propres critères d'octroi de prêt. Aucune loi n'impose formellement aux banques d'exiger une assurance emprunteur.
Cette autonomie décisionnelle signifie que les établissements peuvent théoriquement accorder des prêts sans assurance, selon leur politique interne d'évaluation et de gestion des risques, dans la mesure où l’assurance emprunteur ne revêt aucun caractère obligatoire.
Les facteurs déterminants dans la décision bancaire
Plusieurs éléments influencent la disposition d'une banque à accorder un prêt sans assurance :
1.La qualité globale du dossier emprunteur
Un dossier particulièrement solide peut compenser l'absence d'assurance :
- Revenus stables et élevés avec une forte capacité d'épargne
- Taux d'endettement faible (idéalement inférieur à 30%)
- Historique bancaire irréprochable sans incident de paiement
- Apport personnel conséquent (au moins 30% du montant du projet)
2.Le montant et la durée du prêt
Les prêts de faible montant et/ou de courte durée présentent un risque moindre pour la banque :
- Prêts inférieurs à 75 000 €
- Durées courtes (moins de 10 ans)
- Projets d'acquisition de biens facilement revendables
3.Les garanties alternatives proposées
La présentation de garanties alternatives solides peut rassurer l'établissement prêteur :
- Caution d'une personne solvable (caution solidaire)
- Nantissement d'actifs financiers significatifs
- Hypothèque sur un autre bien immobilier déjà possédé
- Garantie intrinsèque du bien (forte valeur marchande, liquidité élevée)
Ces solutions alternatives sont détaillées dans le paragraphe qui suit.
Quelles solutions pour emprunter sans assurance de prêt ?
Face aux difficultés d'obtenir une assurance emprunteur ou pour réduire le coût global d'un crédit, plusieurs garanties alternatives peuvent être proposées aux établissements bancaires. Ces solutions permettent de sécuriser le prêt pour la banque tout en contournant la contrainte de l'assurance.
Examinons en détail ces 3 garanties principales : le nantissement, la caution personnelle et l'hypothèque.
Le nantissement d'actifs financiers
Définition et principe du nantissement
Le nantissement est une garantie par laquelle un emprunteur affecte un bien mobilier (généralement un actif financier) au profit de l'établissement prêteur pour garantir le remboursement du prêt. Contrairement à l'hypothèque qui porte sur un bien immobilier, le nantissement concerne des actifs financiers.
Cette garantie permet à l'emprunteur de conserver la propriété de ses actifs tout en offrant une sécurité tangible à la banque. En cas de défaut de paiement, l'établissement prêteur pourra réaliser (vendre) les actifs nantis pour se rembourser.
Types d'actifs pouvant faire l'objet d'un nantissement
Plusieurs catégories d'actifs peuvent être nanties dans le cadre d'un prêt immobilier :
1.Les contrats d'assurance vie
L'assurance vie représente l'actif le plus couramment nanti en France en raison de :
- Sa stabilité relative (fonds en euros)
- Sa liquidité acceptable
- Son traitement fiscal avantageux
- Sa valeur généralement significative chez les emprunteurs patrimoniaux
Pour être efficace, le contrat d'assurance vie doit généralement avoir une antériorité de plusieurs années et présenter une valeur de rachat au moins équivalente à 80-100% du montant emprunté.
Durant le nantissement, vous ne pouvez effectuer de retraits ou d’arbitrages sur le contrat qu’avec l’accord de la banque.
2.Les portefeuilles de valeurs mobilières
Le nantissement peut également porter sur un portefeuille titres comprenant :
- Des actions cotées sur des marchés réglementés
- Des obligations d'État ou d'entreprises
- Des parts d'OPCVM (SICAV, FCP)
- Des ETF (trackers)
Les banques appliquent généralement une décote sur la valeur du portefeuille (20 à 50% selon la composition) pour tenir compte de la volatilité potentielle des marchés financiers.
3.Les comptes à terme et produits d'épargne
D'autres produits d'épargne peuvent faire l'objet d'un nantissement :
- Comptes à terme
- Livrets bancaires (hors livrets réglementés)
- Plans d'épargne en actions (PEA)
- Comptes-titres ordinaires
4.Les créances professionnelles
Pour les prêts professionnels, le nantissement peut concerner :
- Les créances clients (via une cession Dailly) : vous cédez vos créances professionnelles à votre banque
- Le fonds de commerce
- Les brevets et droits de propriété intellectuelle
- Les stocks (avec certaines conditions)
Procédure et formalisation du nantissement
La mise en place d'un nantissement suit une procédure précise :
- Évaluation préalable des actifs à nantir par l'établissement prêteur
- Signature d'une convention de nantissement détaillant :
- La désignation précise des actifs nantis
- Le montant de la créance garantie
- Les conditions de réalisation du nantissement
- Les obligations d'information de l'emprunteur
- Les modalités de mainlevée
- Notification au teneur de compte (assureur, banque dépositaire) qui doit accuser réception du nantissement
- Enregistrement du nantissement auprès des services fiscaux pour certains types d'actifs
- Suivi périodique de la valeur des actifs nantis avec obligation de reconstitution en cas de dépréciation significative
La formalisation juridique doit être rigoureuse pour garantir l'opposabilité du nantissement aux tiers.
Avantages et inconvénients du nantissement pour l'emprunteur
Avantages du nantissement
- Conservation de la propriété des actifs et de leurs revenus (dividendes, intérêts, plus-values)
- Absence de coût récurrent contrairement à l'assurance emprunteur
- Maintien de la valorisation potentielle des actifs pendant la durée du prêt
- Simplicité de mise en œuvre pour des actifs standard
- Possibilité de mainlevée partielle au fur et à mesure du remboursement du capital
Inconvénients du nantissement
- Immobilisation d'actifs qui pourraient être utilisés pour d'autres projets
- Risque de réalisation forcée en cas de défaillance, potentiellement dans des conditions de marché défavorables
- Frais initiaux liés à la mise en place (frais notariés, enregistrement)
- Contraintes de gestion limitant parfois les arbitrages sur les actifs nantis
- Nécessité de disposer d'un patrimoine financier conséquent préalablement constitué
Critères d'acceptation par les banques
Les établissements prêteurs évaluent plusieurs critères avant d'accepter un nantissement comme alternative à l'assurance :
- Rapport entre la valeur des actifs nantis et le montant du prêt (généralement 100% à 120%)
- Liquidité des actifs proposés en garantie
- Volatilité historique des supports financiers
- Diversification du portefeuille nanti
- Qualité de l'établissement gestionnaire des actifs
- Antériorité des placements (méfiance envers les placements récents)
- Capacité de l'emprunteur à reconstituer la garantie en cas de dépréciation
La caution personnelle ou solidaire
Définition et mécanisme de la caution
La caution personnelle est un engagement pris par un tiers (le cautionnaire) de rembourser le prêt à la place de l'emprunteur principal en cas de défaillance de ce dernier. C'est un contrat unilatéral par lequel le cautionnaire s'engage envers le créancier (la banque) à exécuter l'obligation du débiteur (l'emprunteur) si celui-ci ne la remplit pas.
On distingue 2 types principaux de cautionnement :
- La caution simple : le cautionnaire ne peut être poursuivi qu'après épuisement des recours contre le débiteur principal
- La caution solidaire (la plus demandée par les banques) : le créancier peut directement s'adresser au cautionnaire sans avoir à poursuivre préalablement l'emprunteur
Profil et exigences concernant le cautionnaire
Pour qu'une caution soit acceptée comme alternative à l'assurance emprunteur, le cautionnaire doit présenter un profil financier solide :
Critères de solvabilité
- Revenus stables et significatifs (généralement 3 à 4 fois supérieurs aux mensualités du prêt)
- Patrimoine conséquent et diversifié
- Taux d'endettement faible (idéalement inférieur à 20%)
- Absence d'incidents bancaires récents
- Stabilité professionnelle (CDI avec ancienneté, profession libérale établie, etc.)
- Âge compatible avec la durée du prêt (généralement inférieur à 65-70 ans à la souscription)
Liens avec l'emprunteur
Les banques sont particulièrement attentives à la nature de la relation entre l'emprunteur et le cautionnaire :
- Liens familiaux directs (parents-enfants, fratrie)
- Relations professionnelles formalisées (associés, collègues dirigeants)
- Proximité géographique facilitant les recours éventuels
Les cautions entre amis ou connaissances éloignées sont généralement considérées avec plus de réserve par les établissements prêteurs.
Formalisation juridique de l'engagement de caution
Pour être pleinement opposable et efficace, l'acte de cautionnement doit respecter un formalisme strict :
- Rédaction manuscrite d'une mention légale spécifique par le cautionnaire, comprenant :
- Le montant du prêt garanti
- La durée de l'engagement
- Les modalités de l'engagement (simple ou solidaire)
- La reconnaissance explicite des conséquences de l'engagement
- Signature devant notaire recommandée pour les montants importants, avec :
- Vérification de l'identité et de la capacité juridique du cautionnaire
- Information complète sur la portée de l'engagement
- Archivage sécurisé de l'acte
- Renouvellement périodique de l'information au cautionnaire concernant :
- L'évolution du capital restant dû
- Les éventuels incidents de paiement
- Les modifications contractuelles (renégociation, réaménagement)
Implications financières et relationnelles
Le cautionnement comme alternative à l'assurance emprunteur présente des implications importantes :
Implications financières
- Engagement potentiellement très lourd pour le cautionnaire
- Impact sur la capacité d'emprunt future du cautionnaire
- Risque de transmission d'une dette aux héritiers du cautionnaire
- Difficulté à se dégager de l'engagement avant le terme du prêt
Implications relationnelles
- Création d'une dépendance financière entre l'emprunteur et le cautionnaire
- Risque de tensions familiales en cas de difficultés de remboursement
- Nécessité d'une communication transparente sur la situation financière
- Impact psychologique de la dette morale créée par le cautionnement
Protections légales du cautionnaire
Le législateur a progressivement renforcé la protection des cautionnaires :
- Principe de proportionnalité : l'engagement de caution ne doit pas être manifestement disproportionné aux revenus et patrimoine du cautionnaire (article L. 332-1 du Code de la consommation)
- Obligation d'information annuelle du cautionnaire par l'établissement prêteur
- Bénéfice de discussion (pour la caution simple) permettant d'exiger que le créancier poursuive d'abord l'emprunteur
- Protection contre les clauses abusives renforcée dans le cadre des contrats de cautionnement
L'hypothèque renforcée
L'hypothèque comme garantie principale du prêt immobilier
L'hypothèque est une sûreté réelle qui confère au créancier un droit de suite et un droit de préférence sur un bien immobilier. Elle permet à la banque, en cas de non-remboursement du prêt, de faire saisir et vendre le bien pour se rembourser par priorité sur le prix de vente.
Dans le cadre d'un prêt immobilier standard, l'hypothèque conventionnelle de premier rang constitue déjà la garantie principale. Pour compenser l'absence d'assurance emprunteur, cette garantie peut être renforcée de différentes manières.
Pour renforcer la garantie, l'emprunteur peut consentir une hypothèque sur :
- Un ou plusieurs autres biens immobiliers déjà possédés
- Des biens immobiliers appartenant à des tiers consentants (hypothèque pour autrui)
Cette multi-hypothèque offre une sécurité accrue à la banque en multipliant les recours possibles.
Avantages et inconvénients de la garantie hypothécaire renforcée
Avantages pour l'emprunteur
- Absence de prime récurrente contrairement à l'assurance emprunteur
- Indépendance vis-à-vis de l'état de santé de l'emprunteur
- Mainlevée automatique à la fin du prêt sans démarche supplémentaire
- Négociation possible sur le taux d'intérêt en contrepartie de garanties renforcées
Inconvénients pour l'emprunteur
- Frais notariés initiaux importants pour la constitution des hypothèques
- Restriction potentielle de la capacité à revendre ou transformer les biens hypothéqués
- Risque de saisie immobilière en cas de défaillance
- Difficulté à contracter d'autres emprunts garantis par les mêmes biens
- Absence de protection des proches en cas de décès ou d'invalidité
Évaluation et quotité de financement acceptée
Pour compenser l'absence d'assurance emprunteur, les banques appliquent généralement des critères plus restrictifs concernant la quotité de financement :
- Limitation du rapport prêt/valeur (LTV - Loan To Value) à 60-70% maximum contre 80-90% pour un prêt avec assurance
- Évaluation conservative des biens hypothéqués par un expert indépendant
- Application de décotes sur certains types de biens (locaux commerciaux, résidences secondaires)
- Réévaluations périodiques pour les prêts de longue durée
- Exigence d'un apport personnel plus conséquent (minimum 30-40%)
Aspects juridiques et procéduraux
La mise en place de garanties hypothécaires renforcées implique un processus formel rigoureux :
- Rédaction d'un acte notarié détaillant :
- La description précise des biens hypothéqués
- Le montant garanti (généralement 110% du capital emprunté)
- La durée de l'inscription hypothécaire
- Les conditions d'exécution de la garantie
- Publication au service de publicité foncière assurant l'opposabilité aux tiers
- Vérifications préalables concernant :
- L'absence d'hypothèques ou privilèges antérieurs
- La propriété effective des biens (origine de propriété)
- L'absence de servitudes ou restrictions pouvant affecter la valeur
- Signature de clauses spécifiques dans le contrat de prêt concernant :
- L'obligation d'entretien des biens hypothéqués
- L'interdiction de modifier substantiellement les biens sans accord
- L'obligation d'assurance dommages-ouvrage
- Les conditions de mainlevée partielle
Comparaison et combinaison des garanties alternatives
Tableau comparatif des 3 types de garanties :
Critère |
Nantissement |
Caution d’un tiers |
Hypothèque renforcée |
Coût initial |
Modéré |
Faible |
Élevé |
Niveau de protection pour la banque |
Bon si actifs liquides |
Variable selon solvabilité |
Excellent |
Impact sur capacité d’emprunt future |
Modéré |
Important pour le cautionnaire |
Modéré |
Flexibilité pendant la durée du prêt |
Moyenne |
Faible |
Faible |
Complexité de mise en place |
Moyenne |
Faible |
Élevée |
Patrimoine préalable nécessaire |
Important |
Important (cautionnaire) |
Modéré |
Protection des proches en cas de décès |
Nulle |
Nulle |
Nulle |
Stratégies de combinaison optimale selon les profils
Pour l'investisseur patrimonial
Combinaison recommandée : Nantissement partiel + Hypothèque standard
- Nantissement d'un portefeuille titres/assurance-vie à hauteur de 30-50% du prêt
- Hypothèque conventionnelle sur le bien acquis
- Avantages : Optimisation fiscale, préservation de la capacité d'investissement, flexibilité patrimoniale
Pour le jeune emprunteur avec soutien familial
Combinaison recommandée : Caution parentale + Hypothèque standard + Épargne dédiée
- Caution solidaire des parents pour 100% du montant
- Hypothèque conventionnelle sur le bien acquis
- Constitution progressive d'une épargne de précaution (50-100% d'une année de remboursement)
- Avantages : Accessibilité au crédit, sécurisation progressive, responsabilisation
Pour l'emprunteur multi-propriétaire
Combinaison recommandée : Multi-hypothèque + Nantissement de revenus locatifs
- Hypothèques sur plusieurs biens (acquisition + biens existants)
- Nantissement des loyers perçus sur d'autres biens
- Cession de créances locatives
- Avantages : Mutualisation des garanties, couverture diversifiée, optimisation fiscale
Prêt sans assurance : critères de choix de la garantie alternative selon la situation personnelle et patrimoniale
Le choix de la garantie alternative optimale dépend de plusieurs facteurs personnels :
Situation familiale
- Célibataire : Privilégier le nantissement et l'hypothèque (absence de protection des proches nécessaire)
- Famille avec enfants : Combiner garanties alternatives avec assurance temporaire décès indépendante
- Couple : Évaluer l'intérêt d'une acquisition croisée avec cautions réciproques
Horizon du projet immobilier
- Court terme (< 7 ans) : Privilégier le nantissement (flexibilité de sortie)
- Moyen terme (7-15 ans) : Équilibrer entre nantissement et garanties hypothécaires
- Long terme (> 15 ans) : Reconsidérer l'intérêt de l'assurance ou structurer des garanties très solides
Objectif patrimonial
- Résidence principale : Sécuriser avec des garanties multiples
- Investissement locatif : Optimiser fiscalement via nantissement/multi-hypothèque
- Transmission patrimoniale : Intégrer la dimension successorale (SCI, démembrement)
Prêt sans assurance emprunteur : comment négocier avec l'établissement prêteur ?
Pour maximiser les chances d'acceptation des garanties alternatives, une approche stratégique est recommandée :
Préparation exhaustive du dossier
- Valorisation récente et détaillée des actifs proposés en garantie
- Historique de performance des placements financiers
- Analyse juridique préalable de la faisabilité des garanties proposées
- Simulation d'impact sur le taux d'intérêt
Accompagnement professionnel
- Courtier spécialisé dans les montages atypiques
- Notaire pour la structuration juridique
- Conseiller en gestion de patrimoine pour l'optimisation globale
- Avocat spécialisé pour les situations complexes
Arguments clés à mettre en avant
- Solidité financière globale du dossier
- Diversification des garanties proposées
- Historique bancaire irréprochable
- Perspective relationnelle de long terme avec la banque
- Équilibre entre protection de la banque et optimisation pour l'emprunteur
Contreparties potentielles à proposer
- Domiciliation des revenus
- Transfert d'encours d'épargne
- Augmentation de l'apport personnel
- Légère majoration du taux acceptable en échange de la flexibilité sur les garanties
Les implications financières des solutions sans assurance de prêt
Surcoût potentiel en taux d'intérêt
L'absence d'assurance emprunteur est généralement compensée par une majoration du taux d'intérêt :
- Majoration moyenne observée : entre 0,2% et 0,7% selon les profils
- Impact variable selon la qualité globale du dossier et les garanties alternatives proposées
- Possibilité de négocier cette majoration en fonction de l'évolution positive de la situation financière
Cette augmentation du taux peut partiellement ou totalement annuler l'économie réalisée sur les primes d'assurance non versées, nécessitant une analyse financière précise.
Impact sur la capacité d'emprunt globale
L'absence d'assurance peut affecter la capacité d'emprunt de différentes manières :
- Réduction du montant maximum empruntable due à la majoration du taux
- Exigence potentielle d'un apport personnel plus important
- Limitation possible de la durée maximale du prêt
- Difficulté accrue pour obtenir des financements complémentaires ultérieurs
Cette réduction de la capacité d'emprunt doit être intégrée dans la stratégie globale de financement du projet immobilier.
Choisir une alternative à l’assurance de prêt adaptée à son profil
En définitive, si emprunter sans assurance est théoriquement possible, cette option doit rester une solution de dernier recours ou un choix stratégique mûrement réfléchi dans le cadre d'une approche patrimoniale globale. L'assurance emprunteur, malgré son coût, offre une protection dont la valeur se révèle pleinement dans les situations de crise, précisément lorsque les ressources financières sont les plus vulnérables.
Les garanties alternatives à l'assurance emprunteur constituent des solutions viables pour certains profils d'emprunteurs, particulièrement ceux disposant d'un patrimoine significatif ou d'un solide soutien familial. Le nantissement, la caution personnelle et l'hypothèque renforcée offrent chacun des avantages spécifiques qui peuvent être optimisés selon la situation personnelle et les objectifs patrimoniaux.
La stratégie optimale consiste souvent à combiner plusieurs types de garanties, créant ainsi un dispositif de sécurité diversifié tant pour l'emprunteur que pour l'établissement prêteur. Cette approche sur mesure nécessite généralement l'accompagnement d’un courtier spécialisé capable d'évaluer précisément l'adéquation entre le profil de risque de l'emprunteur et les exigences légitimes de sécurisation exprimées par la banque.
Il convient enfin de rappeler que ces garanties alternatives ne reproduisent pas la protection financière que l’assurance emprunteur offre aux proches en cas de décès ou d'invalidité. Cette dimension protectrice peut toutefois être reconstituée par d'autres mécanismes assurantiels indépendants du prêt immobilier, dans une logique de construction patrimoniale globale et cohérente.
Les questions fréquentes sur le prêt sans assurance de prêt
Puis-je emprunter sans assurance ?
Oui, la souscription à l’assurance emprunteur n’est pas légalement obligatoire, mais presque toujours exigée par la banque pour sécuriser le prêt. Il faudra trouver d’autres garanties solides pour pouvoir emprunter.
L’assureur peut-il refuser de me couvrir ?
Si les risques que vous incarnez sont trop élevés (âge, santé, profession), l’assureur peut refuser la couverture. Ne vous contentez pas d’une seule réponse. En faisant jouer la concurrence, vous pouvez peut-être obtenir une proposition d’assurance. À défaut, tournez-vous vers les alternatives (hypothèque, nantissement ou caution) pour financer votre projet.
La banque peut-elle me financer sans assurance ?
Le prêteur est libre de décider de vous accorder ou non le financement, quelle que soit la garantie que vous apportez. Sans assurance emprunteur, le prêt peut être octroyé s’il est garanti par une hypothèque renforcée, le nantissement d’un actif financier ou la caution d’un tiers.